À l’ouverture de la session lundi, le haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, Mme Navi Pillay, avait affirmé que les violations des droits de l’homme « continuent à ce jour en Syrie ». « Les forces de sécurité continuent notamment d’user d’une force excessive, et utilisent l’artillerie lourde » contre les manifestants, avait-elle déploré. Mme Pillay a réitéré hier que « l’ampleur et la nature de ces actes peuvent relever de crimes contre l’humanité ».
Selon la résolution, le Conseil a « décidé de l’envoi urgent d’une commission d’enquête indépendante » sur place pour « mener des investigations sur les violations des droits de l’homme en Syrie depuis mars 2011 », établir « les faits et les circonstances ayant conduit à de telles violations », et en « identifier les auteurs pour s’assurer » qu’ils répondent de leurs actes. La résolution proposée par les États-Unis, l’Union européenne et les quatre pays arabes membres du Conseil – Arabie saoudite, Jordanie, Qatar, Koweït – demande en outre aux autorités syriennes de « coopérer pleinement avec la commission d’enquête ». Celle-ci devra remettre son rapport avant la fin du mois de novembre et transmettre ses conclusions au secrétaire général de l’ONU ainsi qu’aux organismes compétents.
« Il s’agit d’une réponse très claire du Conseil aux violations graves et systématiques en cours en Syrie », a estimé le représentant de la Pologne, Cesazy Lusinski, au nom de l’UE. Un autre diplomate européen a indiqué de son côté que le vote « confirme la pression internationale croissante sur la Syrie y compris de la part de pays arabes ». La représentante des États-Unis au Conseil, Eileen Donahoe, a estimé que le vote « relève qu’il y a un consensus grandissant dans la communauté internationale sur le fait que le régime d’Assad a perdu la légitimité de gouverner le peuple syrien ».
Un petit noyau de pays soutenant la Syrie, dont la Russie et la Chine, ont pour leur part regretté l’échec des consultations pour obtenir un consensus. « La résolution n’est pas équilibrée et ne prend pas en considération les pas positifs du gouvernement syrien pour stabiliser le pays et sa volonté de dialogue », a indiqué le représentant de la Russie.
Pour le représentant de la Syrie, Faysal Khabbaz Hamoui, la résolution du Conseil a été à « 100 % motivée politiquement ». Il a ajouté que la Syrie autoriserait la visite de la mission du Haut-Commissariat « aussitôt que l’enquête indépendante syrienne aura terminé sa propre enquête ».
(Source : AFP)

