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Moyen Orient et Monde

Les Occidentaux cherchent à éviter un chaos pour l’après-Kadhafi

Éviter les représailles et la partition du pays sont les principaux soucis de la communauté internationale.
Sans attendre la chute de Tripoli, les Occidentaux préparent déjà l’après-Kadhafi. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé hier l’instance dirigeante de la rébellion libyenne (CNT) à « garantir que la transition se fera dans le calme et sur une base inclusive, que le pays reste uni et que l’avenir soit fondé sur la réconciliation et le respect des droits de l’homme ». Le président américain Barack Obama a exprimé un souci similaire en appelant le CNT « à faire preuve de l’autorité nécessaire pour mener le pays vers une transition qui respecte les droits du peuple libyen ».
La Russie, quant à elle, attend un transfert « imminent » du pouvoir aux rebelles, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères. « Nous sommes convaincus qu’un processus politique (...) doit suivre immédiatement la fin des hostilités », ajoute le communiqué.
La France a proposé de son côté une réunion la semaine prochaine à Paris du Groupe de contact sur la Libye, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. Cette réunion des puissances mondiales et régionales du Groupe de contact sur la Libye est destinée à « fixer la feuille de route » de la communauté internationale, « au côté » du CNT, selon Alain Juppé.
Les Occidentaux redoutent que la chute de Mouammar Kadhafi, qui a tenu le pays d’une main de fer pendant quatre décennies, ne donne lieu à une vendetta entre vainqueurs et vaincus. Ce qui compromettrait d’autant les chances de réconciliation nationale. « De nombreux Libyens nous disent qu’il va y avoir des règlements de comptes car on est dans une situation de guerre civile et que le conflit n’a fait qu’exacerber des tensions qui couvaient depuis très longtemps », indique un diplomate européen impliqué de près dans le dossier. Or, un tel climat de purge pourrait alimenter des forces centrifuges de nature à mettre en danger l’unité d’un pays comptant des dizaines de tribus aux intérêts parfois divergents. Le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a donné du crédit à ces craintes en évoquant hier sa possible démission pour protester contre l’attitude de certains rebelles. « Ma crainte concerne aujourd’hui certaines actions hors la loi, commises en dehors du cadre et des ordres des leaders des révolutionnaires, en particulier les actes de vengeance », a-t-il dénoncé.
La période qui s’ouvre sera cruciale pour l’avenir du pays. « L’histoire nous montre que lorsque la conquête du pouvoir se fait par les armes plutôt que de manière pacifique, la légitimité militaire entre en contradiction avec la légitimité démocratique », avertit Alavaro de Vasconcelos, président de l’Institut de sécurité de l’Union européenne. « Pour l’éviter, cela passe par l’intégration » des différentes composantes de la société libyenne dans tout futur gouvernement de transition, y compris « des forces islamistes très conservatrices, proches des Frères musulmans, mais non violentes », qui ont « toute leur place », estime-t-il. « Le danger est que le CNT, dont le siège est à Benghazi, puisse penser qu’il doit dominer le futur gouvernement de transition », juge-t-il, en plaidant pour que le pouvoir ne soit pas confisqué par les représentants de la région de la Cyrénaïque dans l’Est mais intègre les forces d’opposition de la Tripolitaine, dans l’Ouest. Toute la mouvance islamiste en Libye jouera-t-elle le jeu d’une transition démocratique ? « Le plus inquiétant, c’est l’aspect sécuritaire, il y a tout un tas de gens dans le pays qui n’ont pas intérêt à une stabilisation, à commencer par les salafistes qui ont des connexions avec l’Aqmi »,
el-Qaëda au Maghreb islamique, s’inquiète de son côté le diplomate européen.
(Source : AFP)
Sans attendre la chute de Tripoli, les Occidentaux préparent déjà l’après-Kadhafi. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé hier l’instance dirigeante de la rébellion libyenne (CNT) à « garantir que la transition se fera dans le calme et sur une base inclusive, que le pays reste uni et que l’avenir soit fondé sur la réconciliation et le respect des droits de l’homme ». Le président américain Barack Obama a exprimé un souci similaire en appelant le CNT « à faire preuve de l’autorité nécessaire pour mener le pays vers une transition qui respecte les droits du peuple libyen ».La Russie, quant à elle, attend un transfert « imminent » du pouvoir aux rebelles, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères. « Nous sommes convaincus qu’un processus politique (...)...
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