Mohammad Ibrahim a perdu son bébé d’un an, qu’il veille avant son enterrement. Jenny Vaughan/AFP
Comme celle de Mohammad Ibrahim, des centaines de familles ont fui la Somalie, le pays le plus gravement touché par la sécheresse et parfois la faim qui frappent la Corne de l’Afrique. Mais elles n’ont trouvé en Éthiopie que des conditions de vie spartiates dans des camps surpeuplés et menacés par les maladies. Les organisations humanitaires disent que plus de 30 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition dans les camps de réfugiés, et que les pneumonies et rougeoles ont fait leur apparition dans des populations affaiblies. Dolo Ado accueille 118 400 réfugiés somaliens, dont 78 000 arrivés cette année.
De nombreux Somaliens affrontent un dilemme : fuir avec leurs enfants affaiblis par la malnutrition ou tenter de rester au pays pour s’en occuper. Farah Mohammad Malim, 46 ans, en est un exemple. Il s’est rendu dans une clinique de Médecins sans frontières (MSF) du camp, avec son fils de 4 ans. L’enfant va mieux, mais un autre de ses enfants, un bébé de 10 mois, a dû rester avec sa mère, qui est aussi malade et trop faible pour voyager. « J’ai peur qu’il ne meure », dit-il. La coordinatrice médicale de MSF, Vannessa Cramond, reconnaît que « les gens doivent prendre des décisions impossibles ». « Il faut que la communauté internationale y mette fin », dit-elle.
Mme Cramond note que les plus petits ne sont pas les seuls atteints par la malnutrition, un tiers des admissions concernant des plus de 5 ans. « Cela suggère une urgence à une échelle plus large dans les familles », dit-elle. La responsable estime qu’il faudra plusieurs mois avant que les taux de malnutrition et de mortalité ne baissent. Dawey Ibrahim a deux enfants de 8 et 15 ans qui souffrent de malnutrition, un autre de 18 ans s’évanouit régulièrement. « Nous avons quitté la Somalie parce que nous n’avions rien. Aujourd’hui, on meurt de faim », dit-elle.
(Source : AFP)

