Des rebelles libyens crient victoire après la prise, hier, de Touarga, une localité près de Misrata. Giovanni Diffidenti/AFP
Dans l’Ouest, les combattants de Misrata contrôlaient hier une grande partie de Touarga, quelques heures après avoir lancé une offensive contre cette ville qui servait de base aux forces loyales. Brûlant des drapeaux verts (symbole de la Libye du colonel Kadhafi), les insurgés ne cachaient pas leur joie d’avoir pris le contrôle de cette localité dans le désert, mais la victoire des rebelles n’est pas totale. Les insurgés continuaient à se heurter à des poches de résistance avec des tireurs isolés, embusqués derrière des bâtiments ou dans la palmeraie. Des bombardements se poursuivaient également, provenant d’un village voisin au Sud. Les tirs entre rebelles et forces loyalistes ont fait au moins trois morts parmi les insurgés et trente blessés.
Du côté du régime, les forces loyales au colonel Kadhafi ont tellement diminué qu’elles ne peuvent plus « mener une offensive crédible », a estimé le chef des opérations militaires de l’OTAN en Libye, le Canadien Charles Bouchard. Et après plusieurs mois de surplace, « les forces anti-Kadhafi vont de l’avant pour arrêter cette violence contre la population », a-t-il assuré. « On voit des changements » sur les trois fronts : Brega à l’est, Misrata à l’ouest et le djebel Nefoussa au sud-ouest de la capitale.
À Benghazi, les rebelles ont récupéré un avion-cargo, propriété du régime saisie par les Émirats arabes unis, et annoncé qu’ils allaient l’utiliser pour acheminer l’aide humanitaire depuis l’étranger. Les divisions au sein de la rébellion ont cependant été une nouvelle fois illustrées avec une déclaration à Benghazi d’une vingtaine de brigades contre le « ministre » rebelle de la Défense, Jallal al-Digheily, qu’elles tiennent pour indirectement responsable du chef d’état-major, le général Abdel Fattah Younès. L’assassinat le 28 juillet de cet ancien pilier du régime rallié à la rébellion suscite d’intenses spéculations sur l’identité des meurtriers, le rôle du Conseil national de transition (CNT, organe politique des rebelles) ou l’existence d’une possible « cinquième colonne » pro-Kadhafi. Suite à cet assassinat, le CNT a limogé mardi son bureau exécutif, qui fait office de gouvernement par intérim et doit nommer un nouveau bureau dans les prochains jours.
Sur le plan diplomatique, le Gabon a reconnu hier le CNT comme représentant de la Libye, selon un communiqué de la présidence gabonaise, tandis que le président français Nicolas Sarkozy a assuré que la France irait « au bout de sa mission » en Libye.
(Source : agences)


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