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Moyen Orient et Monde - Libye

Tripoli accuse l’OTAN d’avoir tué 85 civils

Le limogeage du gouvernement rebelle fait éclater au grand jour les difficultés du mouvement.

Moustapha Abdeljalil, le chef du CNT, s’exprimant hier lors d’une conférence de presse. Il a appelé de nouveau les combattants rebelles à rejoindre la nouvelle « armée nationale » en cours de formation. Esam al-Fetori/Reuters

Le régime libyen a accusé hier l’OTAN d’avoir tué 85 civils dans des raids aériens contre un village proche de la ville disputée de Zliten, à l’est de Tripoli. Les raids ont été menés sur le village de Majer, au sud de Zliten, a déclaré un porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, à un groupe de journalistes emmenés sur place. « Le village a été attaqué pour permettre aux rebelles d’entrer à Zliten par le Sud », a-t-il dit, en faisant état de la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes, issus de 12 familles. « Après les trois premières bombes tombées (...) les habitants ont couru vers les maisons bombardées pour sauver leurs proches. Ils ont été frappés par trois autres bombes », a-t-il ajouté en dénonçant un « massacre ». Les journalistes ont pu voir quatre maisons totalement ou quasiment détruites. Elles l’ont été par les raids, ont indiqué des responsables locaux en affirmant qu’il y avait toujours des corps sous les décombres. Mais une seule pelleteuse était visible, et elle était à l’arrêt. À la morgue de l’hôpital central de la ville, une trentaine de corps dont ceux de deux enfants et d’une femme ont été montrés aux journalistes, de même que d’autres corps déchiquetés.
Venus de l’enclave de Misrata, les rebelles tentent depuis plus d’une semaine de s’emparer de Zliten, dont le contrôle est âprement disputé entre rebelles et forces fidèles au régime du colonel Kadhafi.
Dans une première réaction, l’Alliance atlantique a affirmé que ces bombardements avaient visé dans la nuit de lundi à mardi des bâtiments utilisés à des fins militaires, et souligné ne pas avoir de preuve de la mort de civils. L’OTAN, souvent accusée par le régime de tuer des civils dans les raids, a reconnu au moins deux bavures, alors que la légitimité de son intervention reste contestée et qu’elle stagne sur le terrain. Elle avait admis avoir tué par erreur ou accidentellement des civils lors de raids. Par ailleurs, l’OTAN a indiqué avoir bombardé une frégate libyenne amarrée dans le port de Tripoli et qui, selon l’Alliance, transportait des armes et des munitions.
D’autre part, des combats entre rebelles et forces fidèles à M. Kadhafi ont éclaté hier sur le front de Brega, ont indiqué les insurgés en faisant état de deux morts dans leurs rangs.
À Benghazi, le président du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique des rebelles, Moustapha Abdeljalil, a limogé lundi l’ensemble du « bureau exécutif ». Seul Mahmoud Jibril, l’équivalent du Premier ministre qui dirige cet exécutif, conserve ses fonctions et aura la charge de reconstituer son équipe. Sous l’autorité du CNT, le bureau exécutif de la rébellion a pour mission d’administrer les territoires « libérés » dans l’est du pays, et agit de facto comme une sorte de gouvernement intérimaire en attendant la prise éventuelle de Tripoli et la chute du régime Kadhafi, loin d’être acquise. Des « erreurs administratives ont été constatées récemment » à l’exécutif, a commenté Moustapha Abdeljalil, en souhaitant que le futur gouvernement éclaircisse la « conspiration » de l’assassinat le 28 juillet du chef militaire de la rébellion, le général Abdel Fattah Younès. Sa mort a suscité des spéculations sur les divisions au sein de la rébellion ou l’existence d’une possible « cinquième colonne » derrière les lignes rebelles. Une enquête du CNT est en cours. En outre, M. Abdeljalil a de nouveau appelé hier les combattants rebelles à rejoindre la nouvelle « armée nationale » en cours de formation.
Sur le plan diplomatique, l’Union européenne a visé le régime libyen par de nouvelles sanctions contre deux entités économiques directement liées à M. Kadhafi, selon Paris. Elles concernent la compagnie al-Sharara (secteur pétrolier) et l’Organisme chargé du développement des centres administratifs (ODAC). À Londres, le CNT, reconnu comme seul représentant légitime du peuple libyen par le gouvernement britannique, a pris possession officiellement hier de l’ambassade libyenne. Enfin, le Canada a décidé d’expulser les diplomates représentant le régime libyen à Ottawa et leur a donné cinq jours pour quitter le pays.
(Source : agences)
Le régime libyen a accusé hier l’OTAN d’avoir tué 85 civils dans des raids aériens contre un village proche de la ville disputée de Zliten, à l’est de Tripoli. Les raids ont été menés sur le village de Majer, au sud de Zliten, a déclaré un porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, à un groupe de journalistes emmenés sur place. « Le village a été attaqué pour permettre aux rebelles d’entrer à Zliten par le Sud », a-t-il dit, en faisant état de la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes, issus de 12 familles. « Après les trois premières bombes tombées (...) les habitants ont couru vers les maisons bombardées pour sauver leurs proches. Ils ont été frappés par trois autres bombes », a-t-il ajouté en dénonçant un « massacre ». Les journalistes ont pu voir quatre maisons totalement ou quasiment...
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