Le Premier ministre entouré des ministres Samir Mokbel et Waël Bou Faour. Photo Dalati et Nohra
M. Mikati s’est félicité de cette politique qui a inspiré la prise de position du Liban au Conseil de sécurité. Il a établi une comparaison entre cette attitude et celle de la Chine dans le contentieux entre l’Irak et l’Iran. Les ministres présents ont tous approuvé cette attitude, selon des sources ministérielles citées par notre correspondante, Hoda Chédid.
On apprend encore que la question de la contrebande d’armes en direction de la Syrie a été longuement débattue. Et les sources ministérielles citées d’affirmer que ce trafic – à charge d’être prouvé – a été vivement condamné, au regard des conséquences qu’il pourrait avoir sur le Liban. Des accusations ont été lancées dans le cadre de ce débat, mais en conclusion, les services policiers et judiciaires ont été chargés de tirer cette affaire au clair et d’établir la vérité.
Des ministres ont invoqué, à cette occasion, la clause du traité de fraternité, de coopération et de coordination conclu avec la Syrie (1991), qui stipule que le Liban ne doit pas abriter des activités hostiles à celle-ci.
Le Conseil des ministres a également débattu de la multiplication des pannes et des coupures du courant électrique, qui s’ajoute au programme de rationnement. Il a cependant superbement ignoré la grève générale ouverte qui commence, aujourd’hui, à l’EDL et qui est susceptible d’aggraver la distribution erratique du courant. Une grève générale déclenchée après le refus du ministre des Finances, Mohammad Safadi, d’honorer des engagements pris par son prédécesseur, Gebran Bassil.
M. Safadi a par ailleurs démenti que l’enquête disciplinaire ouverte sur la disparition de chèques au ministère des Finances ait été soulevée en Conseil des ministres.
La réunion a par ailleurs examiné son ordre du jour et en a approuvé certains points après de longues explications avancées par les ministres concernés, tout en en renvoyant d’autres pour complément d’information. Le gouvernement a ainsi rejeté une demande de location d’un bien-fonds situé entre Saïda et Beyrouth présentée par un investisseur. Toutefois, ce point a rappelé à certains ministres le dossier des empiètements sur les biens-fonds maritimes et tout ce que certains établissements balnéaires construits durant la guerre doivent au Trésor... et que nul gouvernement n’a encore sérieusement osé réclamer.
De nombreux ministres ont soulevé l’urgence du pourvoi à des postes vacants au sein de l’administration, que ces postes soient de la première catégorie ou pas.
Par ailleurs, M. Mikati s’est félicité du climat de coopération entre le gouvernement et le Parlement qui s’est manifesté lors de la séance législative, citant en exemple à cet égard la coopération gouvernement-Parlement pour établir les droits maritimes du Liban.
« Mise à distance » du Liban
En fin de compte, l’importance du Conseil des ministres, qui s’est étalé sur cinq heures, était plus politique que pratique. Il a permis à M. Mikati, qui a dit avoir agi en concertation avec le chef de l’État et le président de la Chambre, de se livrer à un double exercice de « mise à distance » du Liban, déplorant à la fois le massacre de civils en Syrie et celui de militaires ou d’agents syriens, affirmant que « la violence ne mène nulle part » et prônant le dialogue et les réformes. Maître dans l’art de nager entre deux eaux, il s’est même payé le chic de rendre hommage à la position du roi Abdallah d’Arabie saoudite. Il a aussi invité l’opposition à « cesser d’exploiter » les événements pour marquer des points, insistant sur « l’importance de protéger le Liban des conséquences de ce qui se passe dans la région ».
Le Conseil des ministres a par ailleurs écouté un rapport du ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, sur ses concertations de la veille avec les responsables syriens.
Sur le plan pratique, le Conseil des ministres a décidé :
– d’accorder une avance du Trésor au ministère de la Santé pour lui permettre de régler sa dette à l’égard des hôpitaux privés ;
– d’accorder une avance du Trésor au CDR afin d’entamer l’exécution du tronçon Zahrani-Tyr de l’autoroute du Sud ;
– l’installation de hangars préfabriqués de quarantaine animale et végétale dans les ports de Beyrouth et Tripoli, et à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth ;
– la reconstitution des registres saccagés et brûlés des bureaux de l’état civil à Baalbeck ;
– l’adjudication de travaux de réfection et de renforcement du Palais de justice de Beyrouth et l’addition de salles aux bureaux du Conseil d’État ;
– d’autoriser l’hôpital gouvernemental de Bint Jbeil à engager des employés par voie de concours ;
– la création d’un centre de développement des exportations et d’une caisse d’appui au PME ;
– la promulgation d’une loi octroyant l’immunité légale aux membres de la Commission de contrôle des banques ;
– la construction d’hôtels de ville.


Mais il n'a pas besoin de Dieu pour "Guide" ! Il a déjà "son Nasrallah" comme "guide" ; et ça lui suffit ! !
11 h 19, le 09 août 2011