Célèbre jusqu’à présent pour la beauté de ses sites, sa cuisine et ses plages, le Maroc est devenu depuis quelques années, au même titre que la Tunisie voisine, une destination de choix pour la chirurgie esthétique, secteur en pleine expansion. La demande en chirurgie esthétique au Maroc est effectivement en croissance. Actuellement, quelque 80 chirurgiens du privé et du public pratiquent au Maroc cette activité surtout concentrée à Rabat et à Casablanca, capitale du bistouri. Avec, à la clé, une nouveauté : le tourisme médico-touristique, mais sans l’intermédiaire de voyagistes, comme en Tunisie.
En outre, la tradition de la chirurgie esthétique est très ancienne au Maroc où elle remonte au début des années 50. « À l’époque où les opérations transsexuelles étaient interdites en Europe, elles étaient pratiquées ici », explique le professeur Salaheddine Slaoui, spécialiste en chirurgie plastique et réparatrice. « Grosso modo, on fait environ 1 000 à 1 200 interventions de chirurgie esthétique par mois au Maroc, avec une proportion de 10 % à 15 % des personnes qui nous viennent de l’étranger », précise-t-il. Mondialisation et sites Web en vrac obligent, la clientèle étrangère vient de partout : Europe, Canada, Moyen-Orient et Afrique.
Chirurgie pour les hommes aussi avec l’obsession du pénis viril
Si la clientèle est surtout féminine – et de plus en plus jeune –, les hommes ne sont pas en reste. Il y a un homme pour trois femmes, selon les chiffres de la profession défendue par la « Société marocaine de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique » (SMCPRE). Rhinoplastie pour arranger un nez très déformé, greffe des cheveux contre la calvitie, liposuccion contre les rondeurs persistantes... et même plénoplastie pour améliorer les dimensions du pénis en utilisant les dernières techniques (injection de graisse), les hommes cèdent de plus en plus aux sirènes de la chirurgie esthétique. Le nombre d’interventions augmentant, les tarifs suivent à la baisse.
La spécialité liée à la taille du sexe masculin connaît un boom, va jusqu’à écrire la revue marocaine TelQuel dans une enquête sur son site Internet. « Je reçois des dizaines de patients par mois pour ce genre d’intervention. Et la demande est de plus en plus forte. En comparaison avec l’année dernière, le nombre de consultations pour une plénoplastie a été pratiquement multiplié par cinq ! », assure dans cette enquête le Dr Maria Reghaï qui pratique à Casablanca. Et, là encore, les prix ont fondu comme neige au soleil.
(Source : AFP)

