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Moyen Orient et Monde - Crise Sociale

Les contestataires en Israël veulent garder l’offensive

Le pouvoir esquive la confrontation et joue de la crise financière internationale pour refuser des concessions de fond.

70 campements ont été installés à travers le pays pour protester contre la vie chère. Baz Ratner/Reuters

Forte de son succès dans la rue, la contestation sociale en Israël veut continuer sur sa lancée dans l’épreuve de force. « Nos délégués sont réunis pour mettre au point un cahier de revendications qui sera présenté au gouvernement et qui constituera l’axe pour la poursuite de la lutte », a déclaré une représentante du mouvement, Hadas Kushlevitch. « Nous réclamons un coup d’arrêt aux privatisations, la réduction des impôts indirects, le lancement d’un vaste programme de logements bon marché et l’école gratuite dès le plus jeune âge », a-t-elle indiqué.
Si le mouvement de contestation a des revendications très nettes en ce qui concerne l’augmentation des budgets sociaux, il est moins clair sur la façon de les financer. Et craignant d’être identifié à l’opposition, il évite de réclamer la chute du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu. « À ce stade nous ne soulevons pas la question du financement », relève la représentante de l’association des étudiants, en référence aux demandes des manifestants d’augmenter les impôts directs et d’opérer des coupes sévères dans les budgets de la colonisation ou de la défense. Regroupant une quarantaine d’organisations sociales, les délégués auront face à eux une « équipe spéciale » chargée par M. Netanyahu d’« entendre tout le monde pour proposer des solutions, même si l’on ne peut satisfaire à toutes les demandes ». Mais le fait que cette équipe ait été gonflée au point de comprendre pas moins de 17 ministres en plus des experts n’augure guère de son sérieux, selon les porte-parole de la contestation. « Vu la force du mouvement, il se peut que le gouvernement cède sur tel ou tel point, mais pas sur le fond, vu que la revendication heurte de plein fouet les conceptions ultralibérales d’un Premier ministre partisan d’une privatisation à outrance, gardant une foi aveugle dans les vertus du marché », estime l’économiste Aryeh Arnon. « Jusqu’à présent le mouvement, qui veut préserver son unité, maintient une certaine ambiguïté sur ses objectifs. Mais il faudra bien à un moment ou un autre qu’il dise d’où il compte prendre les 20 à 30 milliards de shekels (4 à 6 milliards d’euros) nécessaires pour financer les réformes sociales », souligne ce professeur de l’université de Beersheva (Sud).
Trois semaines après son déclenchement, la contestation est montée d’un cran samedi avec plus de 300 000 manifestants descendus dans les rues à Tel-Aviv et dans d’autres villes pour réclamer la « justice sociale ». En face, les représentants du pouvoir, Premier ministre en tête, ont adopté un ton conciliant, se félicitant de cette « preuve de vitalité de la démocratie israélienne » et reconnaissant le « caractère authentique » de la protestation. Mais ils ont mis également en garde contre une « dérive populiste » qui, selon le ministre des Finances Yuval Steinitz, est particulièrement dangereuse à l’heure où les marchés financiers sont durement secoués. Il a rappelé qu’à l’encontre d’autres pays, Israël a bénéficié d’un taux de croissance exceptionnelle de 4,8 % pour les trois premiers mois de 2011 et d’un taux de chômage relativement bas de 5,8 %. Ces arguments n’ont pas convaincu la base de la contestation, exacerbée par le fossé le plus profond entre riches et pauvres qui a fait d’Israël l’un des pays de l’OCDE aux plus larges écarts sociaux. D’autant que la première mesure concrète prise par les autorités a été une hausse de 10 % du prix de l’électricité, annoncée hier dans la journée. Plus tard, le Parlement a annoncé avoir rappelé ses membres en vacances pour une session spéciale consacrée à la gestion par le gouvernement de la crise. Le débat aura lieu le 16 août à la suite d’une demande signée par 50 membres de l’opposition, a indiqué un communiqué.
« Nous sommes déterminés à rester dans nos tentes aussi longtemps que ce sera nécessaire, même si cela va durer des mois », confie Micha Kutz, un travailleur social installé à Jérusalem dans l’un des 70 campements à travers le pays.
              (Source : AFP)
Forte de son succès dans la rue, la contestation sociale en Israël veut continuer sur sa lancée dans l’épreuve de force. « Nos délégués sont réunis pour mettre au point un cahier de revendications qui sera présenté au gouvernement et qui constituera l’axe pour la poursuite de la lutte », a déclaré une représentante du mouvement, Hadas Kushlevitch. « Nous réclamons un coup d’arrêt aux privatisations, la réduction des impôts indirects, le lancement d’un vaste programme de logements bon marché et l’école gratuite dès le plus jeune âge », a-t-elle indiqué.Si le mouvement de contestation a des revendications très nettes en ce qui concerne l’augmentation des budgets sociaux, il est moins clair sur la façon de les financer. Et craignant d’être identifié à l’opposition, il évite de réclamer la...
commentaires (3)

ERRATUM : " ...le reste de la phrase étant inchangé " Toutes mes excuses... Antoine GED

Ged Antoine

00 h 51, le 11 août 2011

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Commentaires (3)

  • ERRATUM : " ...le reste de la phrase étant inchangé " Toutes mes excuses... Antoine GED

    Ged Antoine

    00 h 51, le 11 août 2011

  • ERRATUM : Cher Lecteur, Vous aurez de vous-même rectifié la regrettable erreur que j'ai commise au début de la citation que j'ai faite du Hamlet de Shakespeare : Il convenait de lire : " Whether it's nobler in the mind to suffer...", le reste de la phrase étant inchangée. Mille excuses à Shakespeare... et à vous... Très fidèlement, Antoine GED

    Ged Antoine

    14 h 15, le 10 août 2011

  • Dear Israeli people, Let me remind you of the words William Shakespeare once put in Hamlet's mouth : " Wether it's nobler in the mind to suffer the slings and arrows of outrageous fortune or to take arms against a sea of troubles and by opposing end them..." I wish you good luck and congratulate you for the wonderful courage you show as you so praiseworthily hold out against the iniquitous policy taken by your government towards you. And I'd like to exclaim for your attention : Don't give up and take heart ! You're almost there...! Kindly yours, Antoine GED

    Ged Antoine

    03 h 00, le 09 août 2011

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