L’armée et les forces de sécurité avaient lancé dimanche une vaste offensive dans cette ville rebelle à 210 km au nord de Damas, tuant 100 personnes dimanche et quatre lundi. L’agence officielle SANA a affirmé de son côté qu’un groupe de « saboteurs » avaient mis à sac le principal Palais de justice de Hama lundi après-midi. La veille, elle avait assuré que l’armée poursuivait « sa mission à Hama », évoquant de « vastes affrontements » contre des groupes bien organisés, à l’armement sophistiqué.
Malgré la répression, les militants ont affirmé sur leur page Facebook leur volonté de manifester « tous les soirs après les (prières de) Tarawih, pour riposter » contre le régime. Ce qui a directement été appliqué hier soir, les opposants prenant d’assaut les rues un peu partout dans le pays. À Hasaka’s al-Mufti, une grande manifestation en soutien à Hama a eu lieu dans la nuit.
À Lattaquié, où des coupures d’électricité ont été provoquées dans plusieurs quartiers, un rassemblement antirégime a eu lieu dans le quartier de Saliba, ont indiqué des activistes sur SNN. Cheikh Khaled al-Kamal al-Khatib, de la mosquée al-Rahman, aurait été empêché par les forces de sécurité de faire les prières.
Dans le plateau de Houran, des protestataires sont descendus dans les rues, malgré les tanks qui encerclaient les mosquées de la ville de Jassem. Par ailleurs, des opposants ont rapporté sur SNN que six chars ont été déplacés dans la province, portant à 41 le nombre de tanks sur la route reliant Izra’a à Cheikh al-Maskin.
À Homs, les opposants se sont rassemblés dans la soirée dans la mosquée al-Shouhada’. Plus tôt, des détenus politiques de la prison centrale de la ville avaient manifesté dans la cour de la prison avant de se faire tirer dessus à coups de gaz lacrymogène par les gardiens. Ces derniers les ont également frappés à coups de bâtons électriques, selon l’opposition.
À Deir ez-Zor et à Damas, des manifestations nocturnes ont également eu lieu alors que les forces de sécurité ont effectué des raids sur la ville d’Arabin, près de Damas.
Depuis le début de la contestation le 15 mars, plus de 1 600 civils ont été tués, selon l’OSDH. Près de 3 000 personnes sont portées disparues et quelque 12 000 ont été emprisonnées en quatre mois et demi de révolte, d’après les ONG.
(Sources : agences et rédaction)

