Le premier repart de Shanghai avec quatre médailles d’or individuelles (200 m nage libre, 200 m dos, 200 m 4 nages et 400 m 4 nages), plus une en relais (4x200 m), et le « titre » honorifique de meilleur nageur de la planète.
Michael Phelps, malgré deux médailles d’or sur 100 et 200 m papillon, n’est plus aussi souverain, mais il a prouvé dans l’Oriental Sports Center une chose bien plus importante : sa motivation est revenue. Il sera redoutable en 2012.
Chez les femmes, les États-Unis ont pu compter sur une Rebecca Soni dominatrice en brasse. Elle a remporté le 100 m, le 200 m ainsi que le relais 4x100 m quatre nages.
Et que dire de Melissa Franklin ? À 16 ans, elle quitte Shanghai avec cinq médailles, dont trois titres sur 200 m dos et les relais 4x200 m et 4x100 4 nages.
Attendus au tournant à domicile, les Chinois n’ont pas déçu. Avec 14 médailles, dont 5 d’or, ils ont amélioré leur bilan d’il y a deux ans à Rome (10 médailles) et fait largement mieux qu’il y a trois ans aux Jeux de Pékin (5 médailles).
Si la Chine s’appuie toujours sur une équipe féminine redoutable, elle compte aussi sur des garçons au niveau des meilleurs mondiaux. Cette métamorphose s’explique notamment par l’envoi de certains nageurs à l’étranger, comme la nouvelle star Sun Yang, qui s’entraîne en Australie.
Magnussen ouvre une nouvelle ère
Sun est à n’en pas douter la grande révélation de ces Mondiaux. Double médaillé d’or sur 800 m et 1 500 m, en argent sur 400 m et en bronze sur le relais 4x200 m, il a enflammé l’Oriental Sports Center à chacune de ses courses.
Côté statistiques, il a effacé le plus vieux record des tablettes de la natation, celui du 1 500 m, qui appartenait depuis 2001 à l’Australien Grant Hackett.
Au rang des révélations émerge aussi un Australien de 20 ans encore inconnu il y a trois semaines : James Magnussen.
Vainqueur du 100 m et du relais 4x100 m, il a fait entrer le sprint dans une nouvelle ère en réalisant les deux meilleurs temps de l’histoire sans combinaison (47’’49 et 47’’63).
L’occasion d’ailleurs de rappeler que, sans les combinaisons, la natation est redevenue un sport. La mascarade des 43 records du monde à Rome en 2009, où des temps improbables tombaient dès les séries, ne s’est pas reproduite.
Cela ne donne que plus de valeur à l’autre record du monde battu à Shanghai, celui de Ryan Lochte sur 200 m 4 nages, épilogue d’un mano a mano d’anthologie avec Michael Phelps
Au rang des anecdotes, on retiendra que deux titres mondiaux ont été partagés cette semaine alors que ce n’était arrivé qu’une seule fois depuis 1973 et la création des Mondiaux.
Sur 100 m nage libre, la Danoise Jeanette Ottesen et la Biélorusse Aliaksandra Herasimenia ont fait nage égale.
Camille Lacourt et Jérémy Stravius ont fait plus fort encore en devenant les deux premiers nageurs d’un même pays à monter ensemble sur la plus haute marche du podium. Ou comment offrir deux médailles d’or masculines à la France qui en attendait une depuis 38 ans.
Mais la plus forte émotion restera certainement le podium du 100 m brasse avec les larmes et la mine grave du Norvégien Alexander Dale Oen, champion du monde en deuil, trois jours après l’attentat d’Oslo et le massacre sur l’île d’Utoya.
Un autre champion a beaucoup pleuré à Shanghai, le Brésilien Cesar Cielo, véritable roi de la ligne droite. S’il a perdu son titre du 100 m, il a conservé celui du 50 m nage libre et y ajouté celui du 50 m papillon alors qu’un doute sur sa participation aux Mondiaux a plané jusqu’au dernier moment, en raison d’un contrôle positif à un diurétique en mai.
Une autre championne d’exception a confirmé son statut à un an des Jeux. Double médaillée d’or sur 200 m et 400 m nage libre, un doublé qu’elle avait déjà réalisé à Rome en 2009, l’Italienne Federica Pellegrini reste la reine du crawl. Ses retrouvailles sur 200 m avec Laure Manaudou font déjà saliver.
Tout ce beau monde ou presque, puisque certains comme Phelps ont déjà annoncé qu’ils prendraient leur retraite après les JO de Londres, se retrouvera dans deux ans à Barcelone.
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