Samedi, sept personnes ont été tuées et 28 autres blessées à l’arme blanche à Kashgar par deux Ouïghours, ont annoncé hier les autorités du Xinjiang. Selon le site gouvernemental tianshannet.com, deux inconnus se sont emparés d’une camionnette arrêtée à un feu rouge dans une rue animée d’un marché de nuit. Ils ont tué le conducteur puis dirigé le véhicule sur la foule qui se trouvait sur le trottoir. Les deux hommes sont ensuite descendus de la camionnette et ont commencé à poignarder des passants, faisant ainsi six morts et 28 blessés, avant que la foule se défende et tue l’un des assaillants. Un porte-parole de la région autonome, Hou Hanmin, a ajouté que les deux assaillants étaient ouïghours et que le survivant avait été arrêté. Hier après-midi, des inconnus ont, lors d’une seconde attaque à l’arme blanche, selon Chine nouvelle, fait six morts dans cette même ville de Kashgar, dans l’extrême ouest du Xinjiang, près de la frontière du Kirghizstan. « Le Xinjiang, où vit une minorité ouïghoure et d’autres groupes ethniques, a été sous la menace terroriste », a déclaré l’agence Chine nouvelle. « Quatre suspects ont été abattus (...) et quatre autres ont été arrêtés, alors que la police en recherche encore quatre après une éruption de violences à 16h30 » (08h30 GMT), a annoncé l’agence officielle. « Des sources locales avaient auparavant indiqué que trois personnes avaient été tuées dans une explosion, mais des témoins ont rapporté que les victimes ont été tuées à l’arme blanche par des émeutiers », a écrit l’agence.
Les Ouïghours sont une minorité ethnique musulmane et turcophone. Plus de huit millions de Ouïghours vivent au Xinjiang, et nombre d’entre eux dénoncent depuis des décennies la répression culturelle et religieuse dont ils font l’objet, ainsi que l’immigration massive de Hans, l’ethnie majoritaire en Chine. Les efforts importants consentis ces dernières années par Pékin pour développer économiquement cette région riche en ressources naturelles, mais reculée et encore largement sous-développée, ont essentiellement profité aux Hans, estiment de nombreux Ouïghours.
La capitale du Xinjiang, Urumqi, avait été secouée en juillet 2009 par des émeutes entre Ouïghours et Hans qui avaient fait au moins 200 morts et quelque 1 700 blessés, selon des sources officielles, mais bien plus encore selon les exilés. Après ces émeutes interethniques, les plus meurtrières en Chine en des décennies, une implacable répression s’était abattue sur les Ouïghours avec des dizaines d’exécutions, de nombreuses disparitions et arrestations, aggravant encore le fort ressentiment de cette minorité contre le pouvoir communiste chinois.
(Source : AFP)


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