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Sport

Ryan Lochte, le nouveau boss des bassins

À bientôt 27 ans, l’Américain Ryan Lochte s’affirme comme le meilleur nageur du monde à l’heure actuelle. À Shanghai, Lochte a battu deux fois Michael Phelps en individuel sur 200 m nage libre et 200 m 4 nages. Philippe Lopez/AFP

Hors de l’eau, il a une allure improbable : il porte des chaussures vertes à paillettes d’un goût douteux, a les genoux qui se cognent en marchant et articule si peu qu’on a l’impression qu’il mâche dix chewing-gums en même temps.
Plongez-le dans l’eau et vous obtenez un miracle. Ryan Lochte est un dauphin, ses coulées sont un délice pour les yeux et ses coups de bras un supplice pour ses adversaires.
À bientôt 27 ans, l’Américain s’affirme comme le meilleur nageur du monde à l’heure actuelle.
Il convient de préciser « à l’heure actuelle » car enterrer l’immense Michael Phelps, 14 titres olympiques et 24 mondiaux, à un an des Jeux olympiques de Londres, serait une grave faute de goût.
Mais tout cela ressemble tout de même à s’y méprendre à une passation des pouvoirs.
À Shanghai, Lochte a battu deux fois Phelps en individuel sur 200 m nage libre et 200 m 4 nages. Il y a ajouté vendredi un troisième titre individuel sur 200m dos et, pour la bonne bouche, une quatrième médaille d’or sur le relais 4x200m nage libre avec... Michael Phelps.
Ce personnage est insatiable. Élu nageur de l’année 2010 après ses six titres mondiaux en petit bassin à Dubaï en décembre, il a émis l’hypothèse de réaliser un pari complètement dingue à Londres en remportant neuf médailles d’or, histoire de faire mieux que Phelps à Pékin (8).
« Ce qu’a fait Michael en 2008 fait partie de l’histoire, c’était incroyable. Mais c’était il y a trois ans, tout peut se passer aujourd’hui. Je suis un bien meilleur nageur qu’à l’époque », prévient-il.
Comme on suppose que l’enfant de Baltimore ne va pas se laisser marcher sur les pieds, leur duel dans un an s’annonce comme un moment de sport à ne rater sous aucun prétexte.

Pas besoin de combinaison
Fils d’un papa entraîneur de natation et d’une maman – d’origine cubaine – directrice de crèche, Lochte est né à Canandaigua, une petite ville d’à peine 10 000 âmes dans l’État de New York, puis a étudié en Floride.
Venu très jeune à la natation, il s’est révélé au plus haut niveau lors des Jeux olympiques d’Athènes en 2004 en décrochant l’or sur le relais 4x200m et l’argent sur le 200m quatre nages. Une mise en bouche avant quatre nouvelles médailles à Pékin, dont deux en or.
S’il n’était pas américain, et donc dans l’ombre de Phelps, voilà longtemps que Lochte aurait été érigé au rang d’immense star.
Mais les spécialistes ne s’y trompent pas. Ils en ont fait leur référence technique, davantage encore que Phelps.
« Je vais observer Lochte peut-être même plus que Phelps, avouait l’entraîneur français Romain Barnier avant le début des Mondiaux. On sort du domaine des nageurs, là. Ce sont des moments d’esthétique pure où je me régale. Lochte à Dubaï, c’était absolument extraordinaire. »
Mardi, lorsque Christian Donzé cherchait une image pour faire prendre conscience de la valeur de Jeremy Stravius, champion du monde du 100m dos, il eut ces mots évocateurs : « Si j’avais à choisir un nageur, je dirais Lochte. Je me rapproche plus du feeling de Lochte, son toucher de l’eau, que de Phelps. »
Au-delà des médailles et des récompenses, Lochte a frappé les esprits à Shanghai en devenant le premier nageur à battre un record du monde, jeudi sur 200m 4 nages, depuis l’interdiction des combinaisons en polyuréthane en janvier 2010.
À dire vrai, il avait déjà réalisé pareille performance en petit bassin l’an dernier à Dubaï.
Pas très étonnant finalement. A-t-on déjà vu un dauphin nager plus vite en combinaison ?
                  ©Reuters
Hors de l’eau, il a une allure improbable : il porte des chaussures vertes à paillettes d’un goût douteux, a les genoux qui se cognent en marchant et articule si peu qu’on a l’impression qu’il mâche dix chewing-gums en même temps.Plongez-le dans l’eau et vous obtenez un miracle. Ryan Lochte est un dauphin, ses coulées sont un délice pour les yeux et ses coups de bras un supplice pour ses adversaires.À bientôt 27 ans, l’Américain s’affirme comme le meilleur nageur du monde à l’heure actuelle.Il convient de préciser « à l’heure actuelle » car enterrer l’immense Michael Phelps, 14 titres olympiques et 24 mondiaux, à un an des Jeux olympiques de Londres, serait une grave faute de goût.Mais tout cela ressemble tout de même à s’y méprendre à une passation des pouvoirs.À Shanghai, Lochte a battu...
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