Modèles de la collection maison Rabih Kayrouz 2011-2012.
Longtemps, au Petit Théâtre de Babylone, le public a attendu Godot. Depuis que les locaux ont été repris par Rabih Kayrouz, on se demande si ce n’était pas finalement lui, ce Godot de toutes les impatiences, à qui l’on ne réclame qu’un peu plus de beauté dans un monde qui se défigure. À Beyrouth, le couturier libanais, formé aux ateliers de Dior et de Chanel, créait dans la catégorie « haute couture ». Cette appellation renvoie à des créations exclusives, réalisées pour des événements éphémères et engageant de longues heures de travail manuel. Le rêve de Kayrouz est ailleurs : il veut habiller la rue, le paysage urbain, les passantes qu’il regarde flâner quand il a le temps de traîner aux terrasses des cafés. Sa nouvelle collection présentée au couvent des Cordeliers lors de la semaine parisienne de la haute couture s’inscrit dans ce compromis. Invité à défiler par la Chambre syndicale de la couture parisienne pour la 3e saison consécutive, sa démarche est reconnue comme obéissant au cahier des charges de la haute couture, mais elle se rapproche davantage du prêt-à-porter, tant au niveau des prix que de la simplicité apparente des lignes. Architecte doublé d’un poète, Kayrouz privilégie les techniques secrètes, les complications délicates qui sous-tendent la perfection d’une épaule, l’harmonie des volumes, le bonheur d’une palette. Glissant sur un énorme plateau recouvert d’une nappe d’eau, les modèles se suivaient en soulevant des éclaboussures, dans le clair-obscur d’un lieu empreint de sacralité où les robes n’étaient plus que la forme d’un geste. De cette collection qui fera date dans l’histoire personnelle du couturier tant par son aboutissement que par sa maturité, on retiendra aussi le minimalisme élégant, la fluidité naturelle, l’émotion qui se dégage d’un ajourage en voie lactée, les couleurs brutes, vermillon, vert anis, marine, et toute la palette des gris et des blancs qu’on salue comme des oriflammes, en retenant un frisson venu de l’enfance.
Longtemps, au Petit Théâtre de Babylone, le public a attendu Godot. Depuis que les locaux ont été repris par Rabih Kayrouz, on se demande si ce n’était pas finalement lui, ce Godot de toutes les impatiences, à qui l’on ne réclame qu’un peu plus de beauté dans un monde qui se défigure. À Beyrouth, le couturier libanais, formé aux ateliers de Dior et de Chanel, créait dans la catégorie « haute couture ».Cette appellation renvoie à des créations exclusives, réalisées pour des événements éphémères et engageant de longues heures de travail manuel. Le rêve de Kayrouz est ailleurs : il veut habiller la rue, le paysage urbain, les passantes qu’il regarde flâner quand il a le temps de traîner aux terrasses des cafés. Sa nouvelle collection présentée au couvent des Cordeliers lors de la semaine parisienne...
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