Ghulam Haidar Hameedi jouissait d’une certaine popularité dans sa ville, ses partisans le décrivant comme intègre et s’opposant à la corruption. Ahmad Nadeem/Reuters
Il s’agit d’un nouveau coup dur pour le président Hamid Karzaï, qui aura ainsi perdu en deux semaines trois de ses relais dans le sud, région éminemment stratégique, après son demi-frère, abattu le 12 juillet, et Jan Mohammad Khan, un de ses proches conseillers et ami, tué le 17 par des kamikazes. Ces assassinats interviennent au moment crucial où ses alliés de l’OTAN commencent à se retirer du pays et à transférer la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes. Après la mort de l’omnipotent Ahmad Wali Karzaï, nombre d’analystes ont redouté une flambée de violences sur fonds de rivalités tribales et mafieuses pour le contrôle des ressources de la province.
Ghulam Haidar Hameedi jouissait d’une certaine popularité dans sa ville, ses partisans le décrivant comme intègre et s’opposant à la corruption. Né en 1947 dans le district d’Argandhab (banlieue de Kandahar), issu de la famille des Mohamadzaï, qui donna plusieurs rois à l’Afghanistan, Ghulam Haidar Hameedi s’était exilé au Pakistan puis aux États-Unis, après l’invasion soviétique de 1979. Père de cinq filles et deux garçons, il n’était rentré des États-Unis qu’en 2006 pour être nommé à son poste par le président Karzaï, qui avait alors contourné le système prévoyant l’élection du maire par une assemblée locale. En mars 2009, il avait réchappé indemne à l’explosion d’une bombe au passage de sa voiture.
Par ailleurs, trois civils afghans ont été tués et trois autres blessés par un soldat français qui a ouvert le feu sur leur véhicule, dans la province de Kapisa au nord-est de Kaboul, ont annoncé l’armée française et la présidence afghane. Le soldat a ouvert le feu sur une voiture qui s’approchait des véhicules d’une patrouille française et qui ne s’est pas arrêtée malgré les demandes, a précisé le porte-parole de l’armée française à Kaboul, le lieutenant-colonel Éric de Lapresle. « L’armée française reconnaît sa responsabilité dans ce drame », a-t-il déclaré, soulignant qu’une enquête était en cours pour en déterminer les circonstances exactes. Selon un communiqué de la présidence afghane, l’ambassadeur de France à Kaboul a appelé le président Karzaï pour « s’excuser officiellement ». « Le président d’Afghanistan, condamnant ce meurtre, a déclaré qu’aucune excuse ne pourrait ramener ces civils à la vie », poursuit le communiqué.
(Source : AFP)

