« Après l’enquête et quand, d’une certaine façon, nous aurons fini de réconforter ceux qui ont perdu des proches, le moment viendra d’examiner toutes les expériences que nous tirons de cette opération », a déclaré le Premier ministre lors d’une conférence de presse, tout en assurant que « toutes les ressources disponibles » avaient été employées lors des attaques. M. Stoltenberg a ajouté que le pays « ne se laisserait pas intimider » par de telles attaques qui visent « à semer la crainte et la panique ».
De son côté, le chef de l’équipe d’intervention qui a arrêté l’auteur de la fusillade sur l’île d’Utoeya s’est dit « fier » du travail de ses hommes. Et le ministère de la Justice a fait savoir qu’il débloquait un total de 20 millions de couronnes (2,6 millions d’euros) pour créer 100 nouveaux postes de policiers, a annoncé le principal syndicat policier, Politiets Fellesforbund.
Signe de la nervosité persistante du pays : la population d’Oslo s’est réveillée hier matin en apprenant qu’une grande partie de la gare centrale avait été évacuée en raison d’une valise suspecte retrouvée dans un bus en stationnement. L’alerte a finalement été levée deux heures plus tard après une inspection du véhicule par une équipe de démineurs.
Photos du « suspect » à l’appui, la police a par ailleurs indiqué qu’elle recherchait un homme « psychologiquement instable, dangereux » et s’identifiant, selon elle, à Anders Behring Breivik, le Norvégien qui a reconnu être l’auteur du carnage de vendredi. Mais cette alerte a, cette fois encore, été levée : « Il n’y a aucun lien avec les attaques de vendredi », a dit Per Thomas Omholdt, de la police du district où se trouve l’île d’Utoeya, théâtre de la fusillade qui avait ciblé quelque 600 membres de la jeunesse travailliste. « La police a reçu beaucoup d’informations du public depuis deux jours », a encore indiqué la porte-parole de la police Sturla Henriksboe. « Lors de plusieurs incidents, les policiers sont intervenus sur la base de tuyaux concernant des personnes ou des activités suspectes. »
Selon l’avocat du suspect, qui se présente comme un croisé engagé dans une guerre pour « sauver la Norvège et l’Europe de l’Ouest face, entre autres, (...) à une invasion musulmane », il souffre de troubles psychologiques. « Toute cette affaire suggère qu’il est dément », a estimé mardi Geir Lippestad. Placé en détention provisoire lundi pour une première période renouvelable de huit semaines, Behring Breivik doit subir des examens psychiatriques.
Dans la nuit de mardi à mercredi, la police a annoncé avoir retrouvé et détruit des explosifs stockés dans la ferme louée par le suspect au nord d’Oslo. Lors de ses auditions, Behring Breivik a indiqué avoir agi seul mais il a aussi évoqué des « cellules » liées à son projet, « deux en Norvège » et « plusieurs à l’étranger », a précisé M. Lippestad, sans pouvoir dire où précisément. Le chef des services de renseignements intérieurs norvégiens Janne Kristiansen a indiqué qu’il n’y avait aucune preuve pour l’instant qu’il ait eu des complices ou liens éventuels avec de telles « cellules » en Europe.
Les experts en terrorisme de l’Union européenne doivent précisément tenir une réunion d’urgence aujourd’hui à Bruxelles avec leurs homologues norvégiens afin d’analyser les moyens dont dispose l’UE pour prévenir de nouvelles attaques. Selon un diplomate, il s’agira essentiellement « d’un échange d’informations avec les Norvégiens et il ne faut pas attendre de décisions ».
(Source : AFP)

