Parallèlement, les contacts diplomatiques destinés à dénouer le conflit libyen se multiplient dans plusieurs directions. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra aujourd’hui son homologue libyen Abdelati Obeidi à Moscou, et tous deux évoqueront notamment le rôle de médiation de l’Union africaine dans le conflit, a rapporté l’agence officielle russe ITAR-Tass. Par ailleurs, de hauts responsables de la diplomatie américaine ont récemment rencontré des représentants du régime de Mouammar Kadhafi, hors de Libye, pour exhorter le dirigeant libyen à céder le pouvoir, a indiqué une responsable américaine ayant requis l’anonymat. Les discussions ont été confirmées par un porte-parole à Tripoli, selon qui il s’agissait d’« une première étape du dialogue » avec les Américains. Ces derniers ont au contraire déclaré qu’aucune nouvelle rencontre n’était prévue, puisque « le message a été adressé ». De plus, le président français Nicolas Sarkozy devrait recevoir ce matin les deux chefs militaires des rebelles de la ville libyenne de Misrata, qui viennent lui demander une aide accrue de la France, a-t-on appris hier de source proche de la délégation des rebelles libyens.
Sur le terrain, les rebelles poursuivaient hier leurs mouvements tactiques en direction de Tripoli. Sept insurgés libyens ont été tués et 45 blessés dans des combats autour de la ville de Brega où les rebelles tentent de pénétrer plus avant après le retrait de la plupart des forces pro-Kadhafi, selon des sources médicales et la rébellion. Les progrès des rebelles à Brega ont par ailleurs été confirmés par Paris. Lundi, un porte-parole des rebelles avait estimé que 150 à 200 soldats loyalistes se trouvaient encore dans le site pétrolier de Brega. Les responsables rebelles ont précisé que la plupart de leurs combattants n’étaient pas encore entrés dans la ville hier, ralentis par des centaines de mines et des tranchées remplies de liquides inflammables. Le régime de Mouammar Kadhafi avait démenti lundi la prise par les rebelles de Brega, en affirmant avoir repoussé leur offensive et infligé de lourdes pertes aux insurgés. La conquête de Brega, à 800 km à l’est de Tripoli et à 240 km au sud-ouest de Benghazi, fief des rebelles dans l’Est, représenterait une victoire majeure pour les insurgés et leur permettrait de se saisir d’infrastructures, notamment pétrolières, vitales pour l’avenir économique du pays.
À Goualich, une délégation de responsables de Benghazi a été autorisée hier par l’OTAN à venir en avion malgré l’interdiction de survol en vigueur, a affirmé le colonel Juma Brahim, responsable du conseil militaire de Zenten. Les forces insurgées se préparent pour la prochaine bataille, a indiqué de son côté le commandant Mokhtar Lakhdar, également à Goualich, affirmant attendre des ordres de Benghazi.
(Source : agences)

