L’une des initiatives les plus populaires est « Tahrir Cinema », une projection sur écran géant de films liés à la révolution, tous les soirs à partir de 22h30. À l’affiche, des vidéos amateurs (bien sûr), mais aussi des documentaires, des films d’animation et des vidéoclips. À l’origine de l’idée, deux Anglo-Égyptiens : Omar Hamilton, réalisateur indépendant, et Khalid Abdallah, acteur.
Parmi les films visionnés, une vidéo intitulée L’Appel (http ://www.youtube.com/watch ? v=SgjIgMdsEuk), filmée par Asma Mahfouz. Diffusée sur YouTube le 18 janvier, la vidéo montre la jeune Égyptienne face à la caméra, appelant ses concitoyens à descendre massivement dans la rue pour réclamer liberté et justice. Selon les organisateurs de « Tahrir Cinema », c’est grâce à cette vidéo, qui a eu un succès fou sur Facebook, que des milliers d’Égyptiens ont convergé vers la place Tahrir lors de la grande manifestation du 25 janvier.
« Nous avons mis en place “Tahrir Cinema” pour rappeler aux gens pourquoi ils sont là et ce qu’on peut accomplir quand on travaille ensemble, écrit Omar sur son blog cinerevolutionnow.com. Les cris de joie à chaque fois qu’apparaît Omar Souleimane (l’ancien chef de renseignements égyptien) annonçant que le président a quitté ses fonctions est un moment libérateur qui nous fait oublier la chaleur et la poussière de la journée. » « Vendredi dernier, je me suis rendu compte de la vraie importance de ce projet, raconte encore Omar. Un vieil homme chauve, portant une longue barbe grise, s’est approché de moi et m’a serré la main. Il voulait nous remercier pour le travail qu’on fait ici. Il est venu de (la ville de) Tanta avec sa fille pour visiter Tahrir. Il m’a dit que, pendant des mois, il croyait que la télévision nationale diffusait des mensonges et que, maintenant, après avoir vu les vidéos sur la révolution sur notre écran, il a compris que c’est pour de vrai. » « Il m’a demandé d’organiser une projection à Tanta. (...) Il veut montrer ces vidéos à tout le monde là-bas, poursuit Omar. Il est vrai que pas tous les gens ont le luxe de voir ces films dans le confort de leur maison. C’est pour cela que nous avons décidé de redoubler d’efforts pour propager ces images dans le reste de l’Égypte, érigeant un écran géant dans toutes les villes de la révolution. »
Une autre initiative, qui vient de voir le jour, mais qui devient tout aussi populaire que « Tahrir Cinema » est « Tahrir School », « une école pour éduquer et amuser les enfants durant la journée ». L’ « école », officiellement « inaugurée » lundi, offre des cours de lecture, d’écriture, de musique, de chant, de dessin, de photographie...
Pour réaliser ce projet, Laïla el-Gueretly et Nazly Hussein, deux jeunes « révolutionnaires » égyptiennes, ont fait appel à des volontaires via Twitter. Elles ont invité leurs compatriotes à faire don de fournitures scolaires, livres et jouets éducatifs. « Une jeune femme veut assister aux cours tous les jours et dit qu’elle veut entreprendre le même projet dans son village, écrit Nazly. Nous allons changer le monde, un enfant à la fois. Il fait de plus en plus bon vivre à Tahrir. »


La dictature, c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours. En Egypte ce retour sur la place Tahrir depuis le 8 juillet semble bien une réponse claire pour une nouvelle dictature militaire qui veut s' imposer et de nouveau . Nazira.A.Sabbagha
07 h 03, le 20 juillet 2011