"Nous avons été informés de cette décision il y a deux jours", a affirmé à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable à la rédaction d'As-Safir, quotidien anti-américain qui a toujours défendu le soutien de Damas au parti chiite.
"Nous publions des articles pour et contre (le régime), mais aujourd'hui cet état des choses ne leur plaît plus du tout", a-t-il ajouté.
Il a précisé que la vente du quotidien était interdite aussi bien sur le marché que par abonnement, alors qu'auparavant seuls les numéros sur le marché étaient interdits si le contenu ne plaisait pas aux autorités.
Le quotidien Al Akhbar, également anti-américain et proche du Hezbollah, a annoncé dans son édition de lundi avoir été visé par la même interdiction.
"Il y a près d'un mois, l'administration d'Al Akhbar a reçu un appel dans lequel elle a été notifiée oralement que le quotidien était interdit d'entrée de manière définitive sur le territoire syrien", écrit Ibrahim al-Amine, rédacteur en chef du quotidien.
"Le gouvernement syrien se comporte comme si Al Akhbar n'existait pas sur la carte de la presse arabe", a-t-il ajouté.
Au début de la contestation lancée mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad, ces deux quotidiens avaient minimisé l'importance du mouvement, adoptant parfois la version des autorités qui attribuent les violences à des "gangs extrémistes armés".
Mais à mesure que la contestation devenait plus sanglante, les deux journaux ont accordé plus d'espace aux informations fournies par les opposants et les militants de droits de l'Homme.
La répression en Syrie a déjà fait plus de 1.400 morts, entraîné l'arrestation de plus de 12.000 personnes et l'exode de milliers d'autres, selon les militants des droits de l'Homme.


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