Le dossier des frontières maritimes du Liban reste de loin le plus important, car il a une dimension stratégique. Une réunion préalable s’est d’ailleurs tenue hier au Sérail sous la présidence de Mikati et en présence de six ministres pour examiner ce dossier. Selon des sources ministérielles, il s’agit essentiellement de mettre au point un plan d’action et de constituer un dossier solide permettant au Liban de préserver ses droits sur ses ressources pétrolières. La question est de la plus haute importance car elle pourrait être l’étincelle d’un nouveau conflit entre Israël et le Liban, portant en fin de compte sur des milliards de dollars. Le ministre de l’Énergie, qui évoque cette question depuis des mois, s’est voulu hier rassurant, affirmant à la presse que le Liban a devancé Israël en envoyant ses propres cartes aux Nations unies pour préserver ses droits, tout comme il a entamé une action diplomatique avec Chypre qui partage ses frontières maritimes avec le Liban et Israël. Ce sujet devrait donc être longuement évoqué au cours de la première réunion du gouvernement, d’autant qu’il semble faire l’unanimité de la classe politique, consciente de l’importance pour le Liban de pouvoir bénéficier de ses ressources en pétrole et gaz.
Le dossier des nominations administratives semble plus compliqué. En principe, il s’agit dans une première étape de pourvoir à quatre postes : le gouverneur de la Banque centrale (qui devrait rester le même, Riad Salamé, et entamer ainsi un troisième mandat), le directeur général de la présidence de la République, après le passage à la retraite de l’ambassadeur Naji Abi Assi. Le nom d’Antoine Choucair est le plus évoqué et cette nomination ne devrait poser aucun problème. De même que celle du chef d’état-major, le général Walid Selmane. Reste le directeur général de la Sûreté générale. Depuis le décès du général Wafic Jezzini, son adjoint le général Raymond Khattar occupe ce poste par intérim. Il est donc temps soit de le confirmer dans sa fonction, soit de nommer une autre personnalité à sa place. C’est là que les susceptibilités confessionnelles pointent le bout de leur nez. L’opposition chrétienne du 14 Mars a demandé au général Michel Aoun, qui s’était promis de restituer aux chrétiens leurs droits au sein de l’administration, d’agir conformément à son engagement à ce sujet et d’œuvrer en vue de la désignation d’un chrétien à ce poste, lequel a longtemps été occupé par un maronite (jusqu’à la désignation en 1998 du général Jamil Sayyed). Mais le mouvement Amal et le Hezbollah veulent maintenir une personnalité chiite à la tête de la SG, et il est question dans ce cadre du directeur adjoint des SR de l’armée, le général Abbas Ibrahim.
Le général Aoun n’a aucun inconvénient à ce que le général Ibrahim soit désigné à ce poste, mais dans ce climat tendu, il ne veut pas être accusé de ne pas préserver les droits des chrétiens au sein de l’administration. Les milieux de la majorité rappellent toutefois que le général Jezzini (chiite) avait été nommé à cette fonction par le gouvernement de Fouad Siniora, qui regroupait des représentants des Kataëb et des Forces libanaises, qui ne s’y étaient pas alors opposés.
Il reste que l’éventualité d’un report de cette nomination pour l’accompagner d’une autre est envisagée.
Sur un tout autre plan, l’entrevue télévisée de l’ancien Premier ministre Saad Hariri mardi soir a marqué la scène politique hier. Si Nagib Mikati a refusé de répondre aux attaques dont il a fait l’objet, le ministre des Finances Mohammad Safadi a publié un communiqué pour répondre à M. Hariri, dénonçant son « langage qui porte à la discorde » et qui, selon lui, est « éloigné des traditions libanaises, tout en déformant la vérité sous prétexte de la rechercher... ».


Ne tombez pas dans le piège confessionnel: CPL et Amal si effectivement ce poste revient à un Chiite , pourquoi pas !! Si vous souhaitez à l'avenir modifier la répartition soit communautaire, soit à la compétence ,eh bien tant mieux. Mais ne faites pas le jeu de l'opposition qui ne souhaite qu'une chose : semer la zizanie qui est une de ses mauvaises spécialités en plus de l'incompétence .. Le problème de nos frontières maritimes est des plus urgents et il faut agir vite. Selim Chams
05 h 47, le 14 juillet 2011