Plus de 250 intellectuels et artistes syriens ont manifesté hier dans le centre de Damas avant d’être dispersés à coups de matraque par la police.
L’Iran et le Hezbollah condamnés
La déclaration a également condamné l’Iran et le Hezbollah, accusés de soutenir M. Assad. Les opposants ont en outre lancé un appel à la Ligue arabe et à l’Organisation de la conférence islamique, leur demandant de venir en aide à la population syrienne. Les opposants ont annoncé la tenue d’une nouvelle réunion samedi, toujours à Istanbul. Les organisateurs espèrent pouvoir établir une liaison vidéo avec la réunion que tiendra le même jour l’opposition à Damas sous le nom de Conférence du salut national.
L’Association des ulémas musulmans, qui participait à la réunion d’Istanbul, a émis une fatwa appelant les musulmans à « aider les Syriens à lutter contre l’injustice et jusqu’à ce que les libertés publiques et politiques soient rétablies ». Les participants ont également appelé tous les dignitaires religieux soutenant M. Assad à revoir leur position.
Sur le terrain, les troubles ont semblé prendre un nouveau tour : des habitants affirment que deux gazoducs secondaires ont été endommagés par des explosions à la bombe dans l’est du pays, tandis que les autorités évoquent, elles, un incendie accidentel. Si la thèse de l’attentat était vérifiée, il s’agirait de la première attaque d’une infrastructure pétrolière depuis le début de la contestation. Mais l’agence SANA, citant un responsable du ministère du Pétrole, assure pour sa part que de mauvaises conditions climatiques ou une fuite de pétrole sont probablement à l’origine d’un incendie sur un oléoduc. D’après les habitants, les explosions, survenues pendant la nuit de mardi à mercredi, se sont produites dans les régions d’al-Tayana et de Busaira, à l’est de la capitale provinciale de Deir Ezzor, près de la frontière avec l’Irak.
Quatre morts à Idleb
Dans le nord-ouest, les forces de sécurité ont tué hier quatre villageois dans la province d’Idleb, à proximité avec la Turquie. Les forces de sécurité appuyées par des blindés sont intervenues dans au moins quatre villages de la région du Jabal al-Zawiya. L’armée a en outre poursuivi ses opérations de ratissage et de perquisitions, notamment à Homs. Elle continue également d’encercler la ville de Hama. Parallèlement, les manifestations nocturnes se poursuivaient dans plusieurs villes comme à Deir Ezzor, Deraa et Homs.
À Damas, la police a dispersé quelque 250 intellectuels et artistes qui scandaient « Dieu, Syrie, liberté et c’est tout ». Elle les a « frappés avec des bâtons et des matraques », a déclaré Abdel Karim Rihaoui, de la Ligue arabe des droits de l’homme. Au moins 25 manifestants ont été arrêtés, dont le journaliste Iyad Chourbaji, l’artiste Guevara Nimr, l’actrice May Skaff et la militante Rima Fleihane. Dans un communiqué, les manifestants ont écrit qu’il était temps « de descendre dans la rue aux côtés de nos frères qui ont versé leur sang pour nous apporter la liberté », en apportant leur soutien aux « demandes légitimes du peuple syrien de vivre à l’ombre d’un État juste et moderne ». Durant leur rassemblement, une contre-manifestation s’est rapidement formée, et des dizaines de prorégime ont scandé « Dieu, Syrie, Bachar et c’est tout ».
(Source : agences et rédaction)

