L’avocat de Tristane Banon (photo), Me David Koubbi, a indiqué avoir envoyé la plainte hier au parquet. Philippe Wojazer/Reuters
Dès l’annonce de la plainte de Tristane Banon, les avocats de l’ex-patron du FMI ont prévenu qu’ils engageraient une procédure pour dénonciation calomnieuse. Ils ont évoqué des faits « imaginaires », reprenant le terme utilisé par DSK lui-même dans un entretien accordé en mars à son biographe Michel Taubmann dans Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn.
Les faits allégués par Tristane Banon se seraient produits dans un appartement parisien, dans le cadre de la préparation d’un essai, paru en novembre 2003, Erreurs avouées... au masculin. « L’entretien s’est déroulé normalement et, à son issue, j’ai passé un coup de fil à Michel Field afin qu’il lui accorde à son tour une interview. Quand j’ai appris qu’elle m’accusait d’agression, j’ai été stupéfait », répondait en mars DSK à Michel Taubmann.
La mère de Tristane Banon, Anne Mansouret, vice-présidente PS du conseil général de l’Eure, qui avait initialement dissuadé sa fille de porter plainte, a indiqué hier être « fière » qu’elle le fasse. Après avoir affirmé que François Hollande était au courant, elle a jugé qu’il porte « une parole politique » lorsqu’il dit qu’il n’avait pas connaissance « dans le détail » des faits évoqués par sa fille.
La plainte de Tristane Banon n’aura aucune incidence sur la procédure pénale aux États-Unis, selon les procureurs et avocats américains interrogés par l’AFP. L’avocat américain de la femme de chambre du Sofitel, qui accuse DSK d’un viol qui aurait été commis le 14 mai, Kenneth Thompson, a apporté lundi soir son soutien à Tristane Banon. Mais la crédibilité de sa cliente étant fortement mise en cause, le dossier de l’accusation semblait s’effondrer à New York.
Hier, pour les médias américains, il paraissait clair que la justice américaine abandonne dans les prochaines semaines toutes les charges pesant contre DSK. Le Wall Street Journal citait l’adjointe du procureur de Manhattan, Joan Illuzzi-Orbon, expliquant qu’il lui paraît difficile de poursuivre les accusations portées par la femme de chambre guinéenne de 32 ans, à moins que « je croie chaque mot sortant de sa bouche et que je sois convaincue de l’aspect criminel de ce qui s’est passé ». Le New York Post va plus loin en citant un enquêteur haut placé : « Nous savons tous que le dossier n’est pas défendable. » Selon cette source, un éventuel abandon des poursuites est « une certitude » et cela aura probablement lieu lors de la prochaine comparution de M. Strauss-Kahn prévu le 18 juillet, voire avant.
Enfin, la femme de chambre du Sofitel a porté plainte contre le tabloïde américain New York Post pour un article l’accusant de prostitution, selon son avocat.
(Source : AFP)

