Une scène honteuse d’un match à oublier très vite, sur tous les plans. Photo tirée du site www.annahar.com
Les joueurs du Koweït, au lieu de quitter le stade avec les applaudissements des maigres spectateurs présents (une centaine à tout casser, une aberration), en récompense à leur football simple, plaisant et limpide, ont rejoint les vestiaires sous les balles (réelles) des forces de l’ordre, qui n’ont pas trouvé mieux pour disperser la rixe générale entre les joueurs qui a commencé à la 83e minute que de tirer en l’air (encore heureux) avec leurs armes, ce qui a provoqué un chaos indescriptible tant chez les joueurs que parmi les spectateurs, parmi lesquels de trouvaient le président de la Fédération libanaise de football, Hachem Haïdar, et l’ambassadeur du Koweït, Abdel-Aal Kanaii.
Doublé de Nada
Pour en revenir au match proprement dit, rien n’indiquait durant les vingt premières minutes que le Liban allait recevoir une telle déculottée, tant les deux formations se neutralisaient parfaitement au milieu du terrain. Le déclic survenait à la 19e minute, quand le Koweïtien Badr Moutawaa ratait un penalty sifflé par l’arbitre André Haddad à la suite d’une faute commise par le défenseur libanais Ali Saadi sur Hamad Etri à l’intérieur de la surface de réparation, le ballon de Moutawaa heurtant le poteau gauche du gardien Mohammad Hammoud, tout heureux de garder sa cage inviolée.
Loin de se décourager, ce penalty raté insufflait une nouvelle énergie aux attaquants koweïtiens qui faisaient le siège du but libanais et, à peine trois minutes plus tard, le capitaine Nada ouvrait la marque sur un coup franc direct de 25 mètres admirablement tiré qui trouvait le coin gauche de Hammoud.
Ce même Nada réalisait le doublé dix minutes après, pour porter la marque à deux zéro, permettant à son équipe d’atteindre la pause avec une marge suffisante qui permettait à l’entraîneur serbe Goran Tovaric de chambouler complètement son effectif pour mettre à l’essai le plus grand nombre de joueurs en vue d’affronter le vainqueur du match opposant les Philippines au Sri Lanka, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2014.
Le coach libanais Émile Rustom procédait également à plusieurs changements, mais malheureusement pour lui (et pour nous), rien n’y faisait, son équipe était submergée par ses adversaires qui marquaient rapidement un troisième but par Youssef Nasser (54e), ce dernier reprenant un tir de Walid Ali mal repoussé par le gardien libanais.
Bagarre générale
Dès lors, on pouvait craindre le pire avec l’enchaînement naturel des buts, et effectivement, l’attente ne durait pas longtemps, Walid Ali marquant le quatrième but huit minutes plus tard (63e), également après un ballon mal capté par le portier libanais, décidément pas très en verve.
Youssef Nasser faisait trembler les filets libanais pour la cinquième fois à la 69e, avant que Walid Ali ne parachève le score en inscrivant un sixième but (78e), son deuxième personnel, après avoir passé en revue la moitié de la défense-passoire libanaise et dribblé le gardien pour marquer dans le but pratiquement vide.
On arrive à cette fatidique 83e minute, quand le défenseur libanais Abbas Atwi, probablement excédé par l’attaquant Walid Ali, en venait aux mains avec ce dernier, le duel dégénérant rapidement pour se transformer en une bagarre générale entre les joueurs des deux équipes. Perdant le contrôle de la situation, les forces de l’ordre, qui pourtant en avaient vu d’autres, ne trouvaient rien de mieux pour disperser les belligérants que de tirer en l’air avec leurs mitraillettes, ce qui ajoutait à la confusion et au désordre général et qui, assurément, n’était pas le meilleur moyen de refléter l’image déjà ternie de notre équipe nationale, laquelle n’avait pas vraiment besoin de ce nouvel incident pour se montrer sous un aussi mauvais jour.
Sanctions de la FIFA ?
Le combat terminé, les joueurs du Koweït regagnaient leurs vestiaires pour ne plus en sortir, n’ayant sûrement pas l’habitude de frôler la mort d’aussi près lors d’un match amical (!) de football, alors que les Libanais, plus stoïques, attendaient tranquillement sur le banc de touche le retour hautement improbable de leurs adversaires sur le terrain. L’arbitre, vu ces circonstances, n’avait d’autre choix que de mettre fin au calvaire des hôtes en sifflant la fin de la rencontre sur le score de 6-0 en faveur des visiteurs.
La Fédération libanaise sera-t-elle sanctionnée par les instances internationales ? Assurément. Mais avant, la sélection devrait retrouver samedi prochain, dans le même stade, l’équipe nationale d’Oman, avant de s’envoler pour les Émirats arabes unis pour y affronter l’équipe nationale le 17 au stade d’al-Aïn.
Deux matches amicaux prévus en préparation aux éliminatoires de la Coupe du monde 2014 qui verront le Liban opposé le 23 juillet au vainqueur entre le Pakistan et le Bangladesh, ce dernier ayant déjà remporté le match aller sur le score de trois à zéro. Si, entre-temps, la FIFA ne décide pas de suspendre la sélection libanaise de toute compétition et activité internationale, ce qui constituerait finalement un moindre mal, au vu de sa prestation de ce week-end...

