Des membres de l'opposition islamiste ont manifesté, vendredi, à Amman. Khalil Mazraawi./
Le Premier ministre jordanien Maarouf Bakhit a remanié son gouvernement samedi, provoquant la colère de l'opposition islamiste qui réclamait sa démission sur fond d'accusations de corruption. Dans un décret, le roi Abdallah II a approuvé le premier remaniement du gouvernement formé en février. Neuf nouveaux ministres ont été nommés et deux ministres ont changé de portefeuille. Mazen Saket, en charge du développement politique dans le gouvernement précédent, est devenu ministre de l'Intérieur, remplaçant Saad Hayel Srour, a rapporté l'agence officielle Petra. Abdallah Abou Roummane, à la tête du département de la presse et des publications, a été nommé ministre de l'Information, remplaçant Taher Adwan, démissionnaire après la promulgation de nouvelles lois qu'il avait jugées "restrictives". Ibrahim Omoush et Abdellatif Wreikat sont respectivement nommés à la Justice et à la Santé après la démission en mai de Hussein Moujalli et Yassine Hesbane, qui protestaient contre l'autorisation accordée à un homme d'affaires accusé de corruption de voyager aux États-Unis pour se faire soigner.
L'opposition islamiste a qualifié le remaniement ministériel de "provocation". "Le remaniement fait fi des sentiments de milliers de Jordaniens qui ont manifesté pour réclamer des réformes, dont la démission du gouvernement, la dissolution du Parlement et la tenue d'élections anticipées", a affirmé à l'AFP Hamzah Mansour, chef Front de l'action islamiste (FAI), principal groupe d'opposition. Le FAI, ainsi que d'autres mouvements jordaniens ont réclamé également une nouvelle loi électorale et l'élection du Premier ministre. "Ce remaniement est inutile. Le gouvernement est devenu un fardeau pour le système politique", indique Mohammad Masri, analyste politique auprès du Centre d'études stratégiques de l'Université de Jordanie. "Cela ne renforcera pas la crédibilité du gouvernement, il ne s'agit pas de changer les noms, ce sont les politiques qui doivent changer. Le peuple veut la démission du gouvernement", ajoute-t-il.
Cette semaine, plusieurs manifestations ont dénoncé à travers le pays une décision du Parlement d'innocenter M. Bakhit malgré le rapport d'une commission parlementaire le jugeant en partie responsable d'actes de corruption pendant son premier mandat à la tête du gouvernement (2005-2007).
Depuis janvier, le royaume hachémite est touché par un mouvement de protestation réclamant des réformes politiques et économiques, un coup d'arrêt face à la corruption et la démission du gouvernement.


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21 h 26, le 02 juillet 2011