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Moyen Orient et Monde - Manifestations Anti-Assad

La colère gronde dans 167 localités syriennes

De la frontière libanaise jusqu’aux régions désertiques proches de l’Irak, des centaines de milliers de Syriens (dont un demi-million à Hama) ont défié les autorités pour réclamer le départ du président Bachar el-Assad. 167 localités seraient concernées, selon plusieurs sources de l’opposition.

« Le volcan syrien », lit-on sur cette pancarte brandie par un manifestant syrien, hier à Lattaquié.                               Photo AFP

La journée d’hier aura peut-être été la journée de mobilisation la plus forte depuis le déclenchement du mouvement de contestation populaire en Syrie, le 15 mars dernier. Selon des militants de l’opposition syrienne, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays, « 167 villes ». Certains ont avancé le chiffre de 3 à 4 millions de manifestants.
À Hama, dans le centre de la Syrie, plus d’un demi-million de personnes ont manifesté hier pour appeler à la liberté, ont affirmé des militants sur place. Selon le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme Rami Abdel-Rahmane, il s’agit de « la plus grande manifestation (contre le régime) depuis le déclenchement de la révolution en Syrie », le 15 mars. Les contestataires, rassemblés sur la place al-Assi, leur lieu de rendez-vous traditionnel, ont scandé des slogans hostiles au régime et en faveur de la liberté, a-t-on pu entendre au téléphone. Une vidéo postée sur Youtube a montré l’ampleur de ce mouvement.
À Homs, à 160 km au nord de la capitale syrienne, « plus de 100 000 personnes » ont également participé aux protestations, a raconté un militant des droits de l’homme. C’est là que le bilan des morts a été le plus lourd, puisque « six personnes, dont une femme, ont été tuées quand les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser des manifestations dans plusieurs quartiers » de cette ville du centre, a affirmé un militant. « Des chars de l’armée ont pénétré dans le quartier de Baba Amr », a déclaré Rami Abdel-Rahmane. Un autre militant a fait état de l’« arrivée de chars de l’armée aux abords du quartier de Bab Sebaa ». Pour sa part, la télévision officielle syrienne a signalé deux blessés dans les rangs des forces de l’ordre à Homs.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, des opposants se sont en outre rassemblés, notamment à al-Qadam, Midane, Roken Eddine, Qaboun, al-Hajar al-Aswad et Baraza. Selon la page Facebook Syrian Network News (SNN), les manifestants scandaient des slogans tels : « La Syrie est libre, Bachar dehors ! », « Dieu est le plus grand ». Deux manifestants ont été abattus par les forces de l’ordre à Damas dans le quartier de Qadam.
Un autre manifestant a aussi été tué à Daraya, près de la capitale. Selon SNN, au moins 35 personnes ont été blessées dans cette localité alors que les forces de l’ordre tiraient sur la foule. Quatre jeunes ont également été arrêtés.
Une militante a, de plus, fait état de la « mort d’une femme et de sa fille tuées dans un bombardement de l’armée sur un élevage de poulets dans le village d’al-Barra de la région de Jabal al-Zawiya » (Nord-Ouest), ajoutant qu’« une autre femme de la famille avait été blessée ».
Une personne a en outre été tuée à Lattaquié, sur la côte, par une grenade lancée d’une voiture, selon Ammar Qorabi. D’après SNN, des centaines de personnes scandaient « Non à l’Iran, Non à la Syrie, nous voulons renverser le diable », « Le peuple veut faire tomber le régime ». La page Facebook a par ailleurs indiqué que des manifestants ont brûlé des drapeaux iraniens et du Hezbollah.
Dans le même temps, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à la sortie des mosquées à Deir Ezzor (Est) ainsi que dans la région de Jabal al-Zawiya (Nord-Ouest), théâtre d’une offensive de l’armée depuis mardi, a fait savoir le président de la Ligue syrienne des droits de l’homme Abdel-Karim Rihaoui.
À Salamié, au sud-est de Hama, environ 10 000 personnes ont aussi manifesté, des cartons rouges à la main, pour symboliser leur volonté de voir le président s’en aller, et scandant « Dégage! Dégage ! » à son intention.
À Alep (Nord), deuxième ville de Syrie, les forces de l’ordre ont arrêté trois contestataires.
Des manifestations ont également eu lieu à Madaya, Zabadani, Artouz, Idlib, Deraa, Enkhel, Talbissé, Qamishli. À Banias, les opposants au régime n’ont pas pu manifester après la prière du vendredi, a indiqué SNN, les forces de sécurité ayant tiré sur la foule pour la disperser.
Comme toutes les semaines, les militants pour la démocratie avaient appelé sur Facebook à une nouvelle journée de manifestations vendredi baptisée « Dégage ! ».
Par ailleurs, des explosions ont été entendues vendredi matin dans le quartier de Raml al-Chamali de cette cité portuaire du Nord-Ouest, a dit un militant, sans pouvoir préciser leur nature.
Les forces de sécurité ont fait en tout onze morts.
De son côté, la télévision officielle a montré des manifestations de soutien au chef de l’État à Alep et à Soueida (Sud). Les personnes présentes agitaient des drapeaux syriens et scandaient : « Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout. »
« Le peuple syrien connaît sa voie ; il a une vision claire, il n’acceptera pas moins qu’un véritable changement politique. Il sait que le changement signifie la chute du régime et le régime le sait très bien », a déclaré Yassine Haj Saleh, une figure de proue de l’opposition, aux comités de coordination de la révolution qui chapeautent les manifestants. « Malgré la solution sécuritaire choisie par le régime et l’encerclement des villes (...), le régime n’a pas réussi à arrêter les manifestations, ni à amener les insurgés à faire usage de violence. Le message est le suivant : la révolution syrienne est et demeurera pacifique », a affirmé Mazen Darouiche, un militant des droits de l’homme.
La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a, quant à elle, dénoncé « l’incohérence » du pouvoir syrien, qui a autorisé une réunion d’opposants, lundi à Damas, avant de procéder à de nouvelles répressions. « Il est parfaitement évident que le temps presse pour le gouvernement syrien », a-t-elle souligné, donnant le choix au régime entre « un processus politique sérieux » et « une résistance de plus en plus organisée ».
(Source : agences)
La journée d’hier aura peut-être été la journée de mobilisation la plus forte depuis le déclenchement du mouvement de contestation populaire en Syrie, le 15 mars dernier. Selon des militants de l’opposition syrienne, des manifestations ont eu lieu dans tout le pays, « 167 villes ». Certains ont avancé le chiffre de 3 à 4 millions de manifestants.À Hama, dans le centre de la Syrie, plus d’un demi-million de personnes ont manifesté hier pour appeler à la liberté, ont affirmé des militants sur place. Selon le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme Rami Abdel-Rahmane, il s’agit de « la plus grande manifestation (contre le régime) depuis le déclenchement de la révolution en Syrie », le 15 mars. Les contestataires, rassemblés sur la place al-Assi, leur lieu de rendez-vous traditionnel,...
commentaires (1)

Elle balise,Mme Clinton...elle balise!Fidèle alliée d'Israêl ,elle ne veut pas la chute du régime syrien,meilleur allié "objectif" de l'état sioniste dans la région,tout comme l'Iran.Elle est désepérée par l'incapacité de Bachar el Assad à maîtriser la situation,et lui tend perche après perche.Déjà quelque milliers de morts et pas l'ombre d'une menace d'intervention(combien de morts en Lybie avant le premier bombardement de l'OTAN?).Les intêrets israëliens sont décidemment sacrés pour les administrations américaines ,quelles qu'elles soient.Encore une erreur d'analyse....Si seulement Bachar el Assad pouvait profiter de cet appui pour calmer les plus extremistes de ses alaouites...mais en a - t -il encore la possibilité,et surtout le pouvoir?

GEDEON Christian

05 h 46, le 02 juillet 2011

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Commentaires (1)

  • Elle balise,Mme Clinton...elle balise!Fidèle alliée d'Israêl ,elle ne veut pas la chute du régime syrien,meilleur allié "objectif" de l'état sioniste dans la région,tout comme l'Iran.Elle est désepérée par l'incapacité de Bachar el Assad à maîtriser la situation,et lui tend perche après perche.Déjà quelque milliers de morts et pas l'ombre d'une menace d'intervention(combien de morts en Lybie avant le premier bombardement de l'OTAN?).Les intêrets israëliens sont décidemment sacrés pour les administrations américaines ,quelles qu'elles soient.Encore une erreur d'analyse....Si seulement Bachar el Assad pouvait profiter de cet appui pour calmer les plus extremistes de ses alaouites...mais en a - t -il encore la possibilité,et surtout le pouvoir?

    GEDEON Christian

    05 h 46, le 02 juillet 2011

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