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Moyen Orient et Monde - Élections

Les Thaïlandais aux urnes pour des législatives explosives

La Thaïlande vote demain des législatives essentielles pour permettre au royaume de sortir du cycle de violences dans lequel l’a entraîné un conflit frontal entre les élites de Bangkok et les masses défavorisées du pays. Le scrutin oppose avant tout le Parti démocrate, au pouvoir, au parti d’opposition Puea Thai, de facto dirigé depuis son exil par l’ancien chef de gouvernement, Thaksin Shinawatra. Une passe d’armes ainsi résumée par un commentateur du quotidien Bangkok Post : « Le clone contre la marionnette ». Dans le rôle de la « marionnette », le Premier ministre, Abhisit Vejjajiva, arrivé au pouvoir fin 2008, habile orateur accusé d’être manipulé par l’armée et les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal. Dans celui du « clone », Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin, tête de file du Puea Thai. Malgré son absence d’expérience politique, la séduisante femme d’affaires domine les sondages.
À l’heure de choisir leurs députés, les quelque 48 millions d’électeurs devraient donner l’avantage au Puea Thai. Mais même un raz-de-marée n’assurerait pas au Puea Thai de prendre le pouvoir. Encore moins de le conserver. « Dans la démocratie électorale thaïlandaise, les vainqueurs des élections ne peuvent pas gouverner, et ceux qui gouvernent ne peuvent pas gagner les élections », résume Thitinan Pongsudhirak (Université Chulalongkorn, Bangkok). Thaksin et ses alliés ont ainsi remporté toutes les élections depuis 2001. Mais ils ont été chassés du pouvoir par l’armée en 2006 puis à deux reprises par la justice en 2008.
La campagne ne s’est pas déroulée sans tension : attentat contre un député, candidats sous protection, militants abattus, tueurs à gage recherchés, intimidation d’électeurs... « Je doute que (les élections) soient totalement justes », commente Aswin Kongsiri, homme d’affaires influent, évoquant la « pratique commune » d’achats de voix et le risque de « bourrage des urnes ». Au bout, le potentiel explosif est important. Avec le risque de voir le pays replonger dans les manifestations.
(Source : AFP)
La Thaïlande vote demain des législatives essentielles pour permettre au royaume de sortir du cycle de violences dans lequel l’a entraîné un conflit frontal entre les élites de Bangkok et les masses défavorisées du pays. Le scrutin oppose avant tout le Parti démocrate, au pouvoir, au parti d’opposition Puea Thai, de facto dirigé depuis son exil par l’ancien chef de gouvernement, Thaksin Shinawatra. Une passe d’armes ainsi résumée par un commentateur du quotidien Bangkok Post : « Le clone contre la marionnette ». Dans le rôle de la « marionnette », le Premier ministre, Abhisit Vejjajiva, arrivé au pouvoir fin 2008, habile orateur accusé d’être manipulé par l’armée et les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal. Dans celui du « clone », Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin, tête de...
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