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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Paris-Damas : quatre ans de dialogue balayés par les printemps arabes

Pour plusieurs experts, la rupture avec Bachar el-Assad s’imposait d’autant plus que la politique de rapprochement avait été peu concluante.
La violence de la répression de la contestation en Syrie a conduit Paris à durcir le ton à l’égard de Damas et à tourner la page de quatre ans de dialogue se concluant par des résultats limités, notent les experts.
Nicolas Sarkozy, tout juste élu président, avait pris le contre-pied de son prédécesseur Jacques Chirac en renouant le lien avec la Syrie. Il s’agissait là d’un des axes majeurs de sa politique internationale, destiné à permettre à la France de renouer avec son influence traditionnelle à Beyrouth et à Damas.
Les relations étaient au point mort depuis l’assassinat en février 2005 du Premier ministre Rafic Hariri – ami de M.
Chirac –, le Hezbollah étant soupçonné d’être à l’origine de l’attentat fatal au dirigeant sunnite. En juin 2007, le nouveau président français posait les conditions d’une reprise du dialogue avec le régime de Bachar el-Assad : « garantir l’indépendance du Liban », « offrir la paix à ce pays martyr », « retrouver les assassins » de Hariri. « Il s’agissait d’essayer de contribuer à la normalisation de la relation entre la Syrie et le Liban, explique-t-on de source diplomatique française, de faire en sorte qu’il y ait une pleine reconnaissance de l’indépendance et de la souveraineté du Liban. »
« L’objectif était de ramener la Syrie dans la communauté internationale puisqu’elle avait donné un certain nombre de gages, notamment dans le traitement du dossier libanais », souligne Axel Poniatowski, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française. « C’est le printemps arabe qui a tout chamboulé », observe Axel Poniatowski, député du parti présidentiel UMP. Pour Barah Mikaïl de la Fondation pour les relations internationales et le dialogue externe (Fride), « on avait composé avec des chefs d’État, aussi autoritaires fussent-ils, mais de façon tout aussi pragmatique, face à des dynamiques sociétales qui semblent beaucoup plus fortes que les pouvoirs en place, on décide de les accompagner ». La France y est d’autant plus poussée qu’elle avait mal évalué la portée des soulèvements en Tunisie et en Égypte, et elle se place dès lors en pointe du soutien aux révolutions arabes. En Syrie, le chef de la diplomatie française Alain Juppé dénonce la « violence inouïe de la répression », jugeant que « le point de non-retour » a été atteint. Damas lui reproche de vivre « dans les illusions de l’époque coloniale française ».
Pour plusieurs experts et diplomates, la rupture avec Bachar el-Assad s’imposait d’autant plus que la politique de rapprochement avec le régime syrien avait été peu concluante sur la durée, aussi bien au Liban que dans les grands équilibres régionaux. Pour Didier Billion, expert à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), la stratégie de la France dans la région était assortie d’une « arrière-pensée : casser l’alliance stratégique entre Damas et Téhéran ». « Il est évident que l’objectif n’a jamais été atteint, malgré tous les efforts déployés. Cette alliance reste solide, et encore plus aujourd’hui car la Syrie est relativement isolée », relève-t-il.
Pour la diplomatie française, au-delà des printemps arabes, c’est l’éviction du gouvernement de Saad Hariri, le 12 janvier 2011, qui a marqué « un tournant » vis-à-vis de Damas. « Cette éviction a marqué un tournant qui nous renvoyait à une situation de crise, avec des perspectives assombries » pour le Liban, note un responsable.
Contrainte de tourner la page de ce rapprochement avec Damas, la France se prive néanmoins d’un levier dans le processus de paix au Proche-Orient, sur lequel elle cherche toujours à peser. Forte de ces relations renouées avec Bachar el-Assad, elle avait nommé en août 2010 un émissaire, l’ambassadeur Jean-Claude Cousseran, dont la mission était de relancer les négociations de paix entre Israël et la Syrie.
              (Source : AFP)
La violence de la répression de la contestation en Syrie a conduit Paris à durcir le ton à l’égard de Damas et à tourner la page de quatre ans de dialogue se concluant par des résultats limités, notent les experts.Nicolas Sarkozy, tout juste élu président, avait pris le contre-pied de son prédécesseur Jacques Chirac en renouant le lien avec la Syrie. Il s’agissait là d’un des axes majeurs de sa politique internationale, destiné à permettre à la France de renouer avec son influence traditionnelle à Beyrouth et à Damas.Les relations étaient au point mort depuis l’assassinat en février 2005 du Premier ministre Rafic Hariri – ami de M. Chirac –, le Hezbollah étant soupçonné d’être à l’origine de l’attentat fatal au dirigeant sunnite. En juin 2007, le nouveau président français posait les conditions...
commentaires (2)

Roy Allam...je ne prend personne de haut.je dis ce qui est,seulement.le célibat des prêtres ,'est apparu qu'au XI éme siècle,en Occident,et pour des motifs politico-patrimoniaux plutôt que religieux.La "réforme" de l'Eglise catholique a déjà commencé puisqu'elle accueille en ses rangs des pêtres anglicans mariés...Rien n'est plus difficile et moins productif que la comparaison entre religions...on pourrait en parler longuement à commencer par cette aberrante notion de "gens du Livre"ou de "un seul Dieu,trois religions", ou encore de "mêmes fils d'Abraham"...mais bon,il y faudrait des pages et des livres.En gros,chacun chez soi,et les vaches seront bien gardées!

GEDEON Christian

11 h 55, le 01 juillet 2011

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Commentaires (2)

  • Roy Allam...je ne prend personne de haut.je dis ce qui est,seulement.le célibat des prêtres ,'est apparu qu'au XI éme siècle,en Occident,et pour des motifs politico-patrimoniaux plutôt que religieux.La "réforme" de l'Eglise catholique a déjà commencé puisqu'elle accueille en ses rangs des pêtres anglicans mariés...Rien n'est plus difficile et moins productif que la comparaison entre religions...on pourrait en parler longuement à commencer par cette aberrante notion de "gens du Livre"ou de "un seul Dieu,trois religions", ou encore de "mêmes fils d'Abraham"...mais bon,il y faudrait des pages et des livres.En gros,chacun chez soi,et les vaches seront bien gardées!

    GEDEON Christian

    11 h 55, le 01 juillet 2011

  • Meme si le regime syrien n\'est pas pret de chuter de si tot au vu du rapport de force interne defavorable a l\'opposition , la France a bien fait de paire prevaloir les valeurs qu\'elle incarne aux depens de la real politik. Et elle en cueillera les fruits a moyen terme

    ibrahim Tabet

    04 h 33, le 01 juillet 2011

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