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Lifestyle - Religion

En Roumanie, l’Église virtuelle gagne des fidèles

L’Église orthodoxe roumaine, réputée pour son conservatisme, est entrée de plain-pied dans l’ère des nouvelles technologies. Les fidèles peuvent désormais envoyer leurs prières par Internet, chercher leur âme sœur sur des sites dédiés et suivre en ligne les funérailles de proches.
Depuis 2007 déjà, avec l’arrivée du dynamique patriarche Daniel, 59 ans, à la tête de l’Église, la parole de Dieu était souvent prêchée sur les ondes, le patriarcat ayant lancé son propre groupe de presse, Basilica, incluant radio, télé, agence de presse et journaux.
L’« Église en ligne » a pris de l’ampleur avec la création d’une multitude de sites propageant les bonnes paroles des saints et favorisant les échanges entre internautes qui partagent la même foi. L’un des sites les plus populaires, www.crestinortodox.ro (100 000 visiteurs par semaine), a franchi un pas de plus, en proposant aux fidèles d’envoyer leurs prières pour les morts via Internet. « Ce site permet aux Roumains de la diaspora de voir leur nom cité lors de services religieux », peut-on lire sur la page d’accueil.
Mais la liste des tarifs – allant d’un euro la prière à 24 euros l’abonnement mensuel – n’a pas tardé à susciter des critiques au sein du clergé comme dans les médias. « D’aucuns ont saisi l’occasion pour discréditer l’Église orthodoxe », qui compte 89 % de fidèles dans ce pays de 21,5 millions d’habitants, relève le père Nectarie du monastère Crasna, surpris par cette polémique. « Tout le monde ne comprend pas que la technologie peut aider », dit-il.
Du temps de l’ex-dictateur communiste Nicolae Ceausescu (1918-89), les demandes de prières envoyées par la poste, accompagnées parfois de quelques billets de banque, étaient monnaie courante, observe Traian Covalciuc, moine au monastère de Zemes. Il critique toutefois l’idée d’imposer des tarifs. « Dieu sait quand tu as payé, il n’a pas besoin de reçu », lance ce sexagénaire, longue barbe grisonnante et sourire complice.
« Le développement de la blogosphère orthodoxe représente la réponse de la religion aux défis de la modernité », indique Mirel Banica, sociologue des religions, qui se penche depuis des années sur l’« orthodoxie virtuelle ». Selon lui, à court de temps pour respecter les coutumes religieuses, dont le culte des morts, nombre de fidèles, notamment de la diaspora, font appel à des sites prêts à le faire à leur place. « Internet est ainsi devenu un remplaçant de la tradition », pour les quelque 3 millions de Roumains émigrés.
Ainsi Funerar TV (www.funerartv.ro) propose aux Roumains la « possibilité d’accompagner via Internet le défunt dans son dernier voyage ». Pour des prix allant jusqu’à 840 euros, le site « retransmet en temps réel l’ensemble des services funéraires, depuis les préparatifs jusqu’à la mise en terre », permettant aux proches à l’étranger de suivre les obsèques à distance.
Si certains sites jouent les intermédiaires entre les croyants et Dieu, d’autres font les marieurs. « Le seul but des annonces sur ce site est le mariage. Il est très important que les deux époux soient des chrétiens orthodoxes, pratiquants si possible », souligne le site www.cÉtatea-crestina.org (la citadelle chrétienne). Et, à en croire les témoignages, cela marche à merveille. « Grâce à vous, j’ai rencontré une jeune fille. Après quatre mois de textos, de téléphones et de courriels, nous nous sommes mariés », assure Sorin B. de Botosani.
« L’Église symbolise la communion et il est important de maintenir un lien direct entre fidèles et prêtres », déclare Rade Radan, un prêtre orthodoxe serbe qui officie en Australie, de passage à Bucarest, avant d’ajouter : « Certes, nous ne devons pas le laisser contrôler nos vies, mais Internet n’est pas le diable. »

           (Source : AFP)
L’Église orthodoxe roumaine, réputée pour son conservatisme, est entrée de plain-pied dans l’ère des nouvelles technologies. Les fidèles peuvent désormais envoyer leurs prières par Internet, chercher leur âme sœur sur des sites dédiés et suivre en ligne les funérailles de proches.Depuis 2007 déjà, avec l’arrivée du dynamique patriarche Daniel, 59 ans, à la tête de l’Église, la parole de Dieu était souvent prêchée sur les ondes, le patriarcat ayant lancé son propre groupe de presse, Basilica, incluant radio, télé, agence de presse et journaux.L’« Église en ligne » a pris de l’ampleur avec la création d’une multitude de sites propageant les bonnes paroles des saints et favorisant les échanges entre internautes qui partagent la même foi. L’un des sites les plus populaires,...
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