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Moyen Orient et Monde - Conflit

Libye : l’Afrique hausse le ton face à l’OTAN

L’Afrique a haussé le ton hier face à l’OTAN, soulignant qu’elle n’avait pas été mandatée par l’ONU pour conduire « l’assassinat politique » de Mouammar Kadhafi. Les médiateurs africains ont également annoncé que le dirigeant libyen avait accepté de ne pas faire partie des négociateurs sur la Libye pour mettre un terme à un conflit qui dure depuis quatre mois.

La rébellion libyenne a repoussé les loyalistes de 20 km et se trouve à environ 50 km de Tripoli. Patrick Baz / AFP

Le président sud-africain Jacob Zuma a, au nom de l’Afrique, haussé le ton hier face à l’OTAN, soulignant qu’elle n’avait pas été mandatée par l’ONU pour conduire « l’assassinat politique » de Mouammar Kadhafi. Réuni hier à Pretoria, le comité des médiateurs de l’Union africaine (UA), composé de cinq chefs d’État – Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie –, a passé en revue les efforts de médiation devant aider à un règlement de la crise libyenne. Mais d’emblée, le président Jacob Zuma a souligné la « préoccupation » du comité et de l’Assemblée de l’UA devant les « bombardements continus de l’OTAN », ajoutant que « la finalité de la résolution 1973 (de l’ONU, adoptée le 17 mars) était de protéger le peuple libyen et de faciliter les efforts humanitaires ».
Les médiateurs africains ont en outre annoncé que le dirigeant libyen avait accepté de ne pas faire partie des négociations sur la Libye pour mettre un terme à un conflit qui dure depuis quatre mois. Le texte final a été lu par le commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra. Mais un membre de la délégation sud-africaine a ensuite tempéré la portée du texte : « Nous voulions que Kadhafi fasse une déclaration publique selon laquelle il ne prendra pas part aux négociations, mais il ne l’a pas fait. » « Cela signifie qu’il est fini », a-t-il assuré.
Mais le porte-parole du régime libyen, Moussa Ibrahim, a déclaré hier que le colonel Kadhafi ne quitterait ni le pouvoir ni le pays. Les autorités de Tripoli ont néanmoins renouvelé hier leur proposition d’organiser un référendum sur le maintien ou non du colonel Mouammar Kadhafi au pouvoir. « Si le peuple libyen décide que Kadhafi doit partir, il partira. Si le peuple décide qu’il doit rester, il restera », a assuré Ibrahim, tout en précisant que quoi qu’il advienne Kadhafi ne partira pas en exil.
De son côté, le chef de la diplomatie française Alain Juppé a déclaré hier que « des contacts ont lieu » entre représentants du régime libyen et rebelles, portant notamment sur le sort de Kadhafi. « Il faut que Kadhafi quitte ses responsabilités civiles et militaires. Il faut qu’il annonce qu’il quitte le pouvoir », a redit M. Juppé.
En ce qui concerne le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo, « les crimes continuent (à être commis) aujourd’hui en Libye. Pour arrêter les crimes et protéger les civils en Libye, Kadhafi doit être arrêté », affirme un communiqué diffusé hier. Les juges de la CPI doivent dire aujourd’hui s’ils délivrent ou non des mandats d’arrêt contre le colonel Kadhafi, son fils Seif el-Islam et le chef des services de renseignements libyens Abdallah el-Senoussi.
Autre surprise, 17 figures du football libyen ont annoncé leur ralliement aux rebelles. Dans un pays où le football est très prisé, les défections de ces sportifs constituent un nouveau camouflet pour le « raïs », après celles de militaires et de ministres de haut rang survenues depuis le début du soulèvement. Kadhafi « n’a rien fait pour la Libye », a expliqué un des gardiens de but de l’équipe nationale, Juma Gtat.
Sur le terrain, la rébellion a repoussé les loyalistes de 20 km et se trouve à environ 50 km de la capitale, remontant vers le verrou stratégique de Bir el-Ghanam. Les deux camps s’affronteraient à l’arme lourde, entre intenses bombardements aux roquettes de type Grad et tirs soutenus de mitrailleuses lourdes. Ces combats résonnaient hier matin dans une plaine s’étendant entre les montagnes berbères et Tripoli. Partis des montagnes, qu’ils contrôlent depuis la semaine dernière, entre Zenten et Yefren, à environ 80 km au sud de Tripoli, les rebelles ont été rejoints par des groupes d’insurgés de Zawiyah.
Le régime libyen a accusé samedi l’OTAN d’avoir tué 15 civils et blessé plus de 20 autres dans la cité pétrolière de Brega. L’OTAN a démenti aussitôt la mort de civils, affirmant que ses forces avaient visé « des cibles militaires ». La télévision libyenne a dénoncé une « guerre d’extermination » et des « crimes contre l’humanité » commis par l’Alliance atlantique.
Sur le plan humanitaire, un bateau affrété par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est arrivé hier à Tripoli en provenance de la ville rebelle de Benghazi, avec quelques dizaines de familles à bord. 106 personnes, dont la plupart sont des femmes, hommes âgés ou enfants, bloquées à Benghazi depuis le début du conflit en Libye, ont retrouvé leurs proches après quatre mois de séparation.
(Source : agences)
Le président sud-africain Jacob Zuma a, au nom de l’Afrique, haussé le ton hier face à l’OTAN, soulignant qu’elle n’avait pas été mandatée par l’ONU pour conduire « l’assassinat politique » de Mouammar Kadhafi. Réuni hier à Pretoria, le comité des médiateurs de l’Union africaine (UA), composé de cinq chefs d’État – Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie –, a passé en revue les efforts de médiation devant aider à un règlement de la crise libyenne. Mais d’emblée, le président Jacob Zuma a souligné la « préoccupation » du comité et de l’Assemblée de l’UA devant les « bombardements continus de l’OTAN », ajoutant que « la finalité de la résolution 1973 (de l’ONU, adoptée le 17 mars) était de protéger le peuple libyen et de faciliter les efforts...
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