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Moyen Orient et Monde - Conflit

Kadhafi « envisage sérieusement » de quitter Tripoli

Des élus américains refusent d’autoriser l’intervention militaire des États-Unis en Libye.

Des réfugiés évacués de Tripoli par la Croix-Rouge arrivent à Benghazi. Patrick Baz/AFP

La Chambre des représentants a refusé hier d’autoriser les frappes des États-Unis en Libye. La Maison-Blanche a aussitôt déploré le « message confus » envoyé par la Chambre qui, dominée par l’opposition républicaine, a rejeté à 295 voix contre 123 un texte devant entériner l’engagement américain dans l’opération lancée le 19 mars. Les représentants ont également rejeté par 238 voix contre 180 une résolution qui aurait privé de financement les bombardements et les raids de drones américains menés dans le cadre des efforts de l’OTAN pour protéger les civils des attaques du régime Kadhafi.
Nombre d’élus, y compris démocrates, se sont montrés furieux ces derniers jours que le président Barack Obama n’ait pas demandé au Congrès son avis avant d’ordonner en mars les bombardements contre le régime de Mouammar Kadhafi. Surfant sur cette grogne, le « Guide » avait adressé aux élus, il y a deux semaines, une lettre dans laquelle il louait leur « sagesse (...) de discuter de ces problèmes ».
Plus de quatre mois après la naissance d’une révolte transformée en conflit armé et alors que des bavures ont entaché la campagne de l’OTAN, le leader libyen répète à l’envi qu’il ne se soumettra pas. Néanmoins, des responsables américains cités hier par le Wall Street Journal ont affirmé que le colonel Kadhafi « envisage sérieusement » de quitter la capitale libyenne à la suite des raids aériens de l’OTAN. Les renseignements obtenus par Washington montrent que le dirigeant libyen « ne se sent plus en sécurité » dans la capitale, indique un haut responsable de la sécurité nationale américaine cité par le quotidien. Les responsables ne pensent pas que ce déplacement soit imminent et estiment que Kadhafi ne quittera pas son pays. Il disposerait de nombreuses résidences sûres et d’autres installations dans et à l’extérieur de Tripoli où il pourrait s’installer.
L’opposition libyenne, de son côté, se montre ouverte à l’idée de voir le dirigeant rester au pays s’il accepte de quitter le pouvoir, selon Mahmoud Shammam, porte-parole du Conseil national de transition (CNT, direction politique de la rébellion). Interrogé sur l’existence de contacts entre insurgés et pouvoir libyen, lors d’une interview au quotidien français Le Figaro publiée hier, M. Shammam a répondu : « Oui, des contacts sont en cours par le biais d’intermédiaires. Mais ces négociations ne sont jamais directes. Elles se déroulent parfois en Afrique du Sud, parfois à Paris où Kadhafi a récemment envoyé un représentant pour nous parler ». À Benghazi, fief de la rébellion, le vice-président du CNT Abdul Hafiz Ghoga, invité à réagir aux propos de M. Shammam au Figaro, a toutefois démenti qu’il y ait « de contacts directs ou indirects avec le régime de Kadhafi ».
À Bruxelles, les dirigeants européens ont estimé hier que seule une insurrection populaire à Tripoli même permettrait de mettre fin au conflit, a déclaré le président du Conseil italien Silvio Berlusconi.
Sur le plan humanitaire, quelque 300 Libyens, dont 51 prisonniers relâchés par le régime, sont arrivés hier à Benghazi à bord d’un navire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Selon l’ONU, la guerre a entraîné la fuite à l’étranger de près de 650 000 Libyens et le déplacement à l’intérieur du pays de 243 000 autres. Selon un haut responsable militaire américain, l’OTAN n’a d’ailleurs pas suffisamment préparé l’après-Kadhafi. Selon lui, Kadhafi pourrait rapidement tomber et des forces terrestres pourraient être nécessaires pour maintenir l’ordre en Libye.
Sur le terrain, les combats opposent toujours les forces du régime et les insurgés entre Misrata et Zliten sur la route de Tripoli, ainsi qu’à el-Jabal el-Gharbi, selon des sources rebelles qui font état quotidiennement de « martyrs ».
Parallèlement, dix-neuf officiers de la police et de l’armée libyennes ayant rompu avec le régime Kadhafi ont gagné la Tunisie jeudi avec un groupe de réfugiés arrivés par la mer au port d’el-Ketef dans la région de Ben Guerdane, rapporte l’agence de presse tunisienne TAP. Trois de ces responsables interrogés par TAP ont affirmé que le bilan du conflit entre le régime et les insurgés dépassaient les 15 000 morts, sans préciser d’où ils tenaient ce chiffre.

(Source : agences)
La Chambre des représentants a refusé hier d’autoriser les frappes des États-Unis en Libye. La Maison-Blanche a aussitôt déploré le « message confus » envoyé par la Chambre qui, dominée par l’opposition républicaine, a rejeté à 295 voix contre 123 un texte devant entériner l’engagement américain dans l’opération lancée le 19 mars. Les représentants ont également rejeté par 238 voix contre 180 une résolution qui aurait privé de financement les bombardements et les raids de drones américains menés dans le cadre des efforts de l’OTAN pour protéger les civils des attaques du régime Kadhafi.Nombre d’élus, y compris démocrates, se sont montrés furieux ces derniers jours que le président Barack Obama n’ait pas demandé au Congrès son avis avant d’ordonner en mars les bombardements contre le...
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