« Trois phrases ténébreuses » est le titre, on ne peut plus expressif, de l’exposition qui se déroule actuellement à la galerie du CCF jusqu’au 30 juin.
Alliant peinture et poésie, ce travail collectif rassemble 21 tableaux de l’artiste syrien Morazo Jajan, en correspondance avec 21 textes poétiques en français, écrits par le poète libanais Chawki Bzeih et l’écrivain Iskandar Habache. Autodidacte, Jajan, qui s’est mis à peindre tout jeune, est né à Hassakeh en 1969. Bzeih, lauréat de la poésie arabe, prix Okaz 2011, est né à Zebkin (Liban-Sud). Enfin Habache, journaliste au quotidien al-Safir et traducteur, est né à Beyrouth en 1963. Le titre de ce travail collectif révèle d’emblée le caractère indéchiffrable des œuvres qui se fondent sur l’abstraction. Cependant, cela ne porte aucune atteinte à l’effet qu’opèrent les peintures sur le regard. À travers le mélange audacieux des couleurs chaudes et froides, l’agencement harmonieux des palettes, les contrastes du vide et du plein, et la contribution des lignes horizontales et de l’absence de cadrage à une impression d’élévation, les toiles (acrylique, 100 x 150 cm) paraissent comme une invitation à nous fondre dans un mouvement ascensionnel infini. Pour achever d’intéresser le visiteur, les poèmes viennent ajouter à la palpitation chaotique des couleurs, la potentialité miraculeuse d’un sens qui va rendre possible la restitution, à partir des bribes d’un univers déconstruit et insaisissable, d’un monde nouveau. De plus, le dialogue qu’instaurent les poèmes avec les peintures sollicite les amateurs d’art à participer au processus de création en stimulant leur imagination par une profusion d’images poétiques à la fois sublimes et mythiques, qui transfigurent les œuvres et contribuent de la sorte à l’éducation du regard afin de le sensibiliser aux détails dans les tableaux. Les peintures, ainsi éclairées par les textes poétiques, deviennent plus accessibles au public qui s’y projette plus aisément et se sent, par conséquent, moins seul face au silence des toiles. Jajan réussit de la sorte à faire disparaître la solitude, objectif recherché et abouti par la réciprocité de l’échange entre deux modes de création qui se distinguent l’un de l’autre, mais qui participent de manière égale à la jouissance artistique transmise par les œuvres.
Alliant peinture et poésie, ce travail collectif rassemble 21 tableaux de l’artiste syrien Morazo Jajan, en correspondance avec 21 textes poétiques en français, écrits par le poète libanais Chawki Bzeih et l’écrivain Iskandar Habache. Autodidacte, Jajan, qui s’est mis à peindre tout jeune, est né à Hassakeh en 1969. Bzeih, lauréat de la poésie arabe, prix Okaz 2011, est né à Zebkin (Liban-Sud). Enfin Habache, journaliste au quotidien al-Safir et traducteur, est né à Beyrouth en 1963. Le titre de ce travail collectif révèle d’emblée le caractère indéchiffrable des œuvres qui se fondent sur l’abstraction. Cependant, cela ne porte aucune atteinte à l’effet qu’opèrent les peintures sur le regard. À travers le mélange audacieux des couleurs chaudes et froides, l’agencement harmonieux des palettes, les...
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