Le grand imam d’al-Azhar, cheikh Ahmad al-Tayyeb, a détaillé lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision un document élaboré après plusieurs rencontres entre des intellectuels et al-Azhar, dont le but est de définir « la relation entre l’islam et l’État en cette phase délicate ». Ce document soutient « l’établissement d’un État national constitutionnel démocratique moderne », fondé sur la séparation des pouvoirs et garantissant l’égalité des droits entre les citoyens, selon cheikh al-Tayyeb. « L’islam n’a pas connu, ni dans sa civilisation ni dans son histoire, ce qui est connu dans d’autres cultures comme l’État religieux clérical qui a dominé les gens et dont l’humanité a souffert lors de certaines périodes de l’histoire », a-t-il ajouté. Le cheikh d’al-Azhar a toutefois précisé que les principes de la charia islamique devaient rester « la source essentielle de la législation » – comme c’est le cas actuellement – et que les adeptes des autres religions monothéistes pourraient avoir recours à leurs propres tribunaux concernant les affaires de statut personnel. Le document appelle à « la protection des lieux de culte des adeptes des trois religions monothéistes » et considère « l’incitation à la dissension confessionnelle et les appels racistes comme des crimes contre la nation ».
Ce document est rendu public alors que l’Égypte est en plein débat sur l’avenir de ses institutions et sur la montée en puissance des Frères musulmans, le mouvement le mieux organisé du pays, mais aussi sur la visibilité croissante des salafistes. Les milieux laïcs ainsi que la communauté chrétienne copte redoutent que les islamistes renforcent encore leurs positions lors des législatives prévues en septembre et de la rédaction d’une nouvelle Constitution qui doit suivre. Le document d’al-Azhar vise notamment à éviter que le discours religieux ne soit « exploité par divers courants déviants qui pourraient brandir des slogans religieux confessionnels ou idéologiques en contradiction avec les fondements de notre nation », a expliqué l’imam d’al-Azhar, sans nommer ces courants.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine