Tout autre son de cloche à Sanaa, où le gouvernement yéménite a promis que M. Saleh reviendrait dans son pays dans les jours à venir. Le vice-ministre yéménite de l’Information, Abdou al-Djanadi, n’a toutefois pas donné de date précise, soulignant que sa « santé continue de s’améliorer ». Mais une source yéménite à Riyad avait affirmé la semaine dernière que l’état de santé de M. Saleh était « mauvais ».
Le chef de l’État, âgé de 69 ans, souffre notamment de brûlures après avoir été blessé lors d’une explosion. Onze de ses gardes du corps ont été tués et 124 personnes blessées, dont un grand nombre de dignitaires, parmi lesquels le Premier ministre Ali Mohammad Moujawar et le président du Parlement Abdelaziz Abdelghani, également soignés en Arabie saoudite.
Depuis son départ, les jeunes protestataires qui ont déclenché en janvier un vaste mouvement de protestation pour réclamer son départ font pression sur le vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi pour qu’il forme un Conseil intérimaire afin d’assurer la transition du pouvoir. « Le peuple a provoqué la chute du régime. Le peuple veut la formation d’un conseil intérimaire », ont répété hier des milliers de contestataires massés sur la place du Changement à Sanaa. Ils ont également scandé à l’adresse du souverain saoudien « Ô roi Abdallah (d’Arabie saoudite), garde chez toi Ali Abdallah (Saleh) ».
Parallèlement, et pour la première fois depuis le déclenchement de la vague de contestation populaire, les partisans du président ne se sont pas massés par milliers sur la place Sabiine à Sanaa comme ils en avaient l’habitude. Un nombre réduit d’entre eux se sont contentés de prendre part à la prière du vendredi dans une mosquée attenant à la place.
Par ailleurs, selon une source diplomatique à Sanaa, une récente rencontre a eu lieu dans une capitale européenne entre le chef de l’opposition parlementaire, Yassine Saïd Noomane, et le conseiller politique de M. Saleh, Abdel Karim al-Iryani, une personnalité respectée. Cette rencontre avait pour but d’évoquer « une solution de compromis » qui pourrait être la formation d’un gouvernement d’unité nationale, d’après cette source.
(Source : agences)

