La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Portugal ont déposé un projet de résolution assimilant la répression en Syrie, qui a déjà fait plus de 1 200 morts selon des ONG, à un crime contre l’humanité. Mais le projet se garde bien de parler de sanctions, dans l’espoir d’éviter un blocage de la Chine et de la Russie qui y sont toutes deux fermement opposées, sans avoir explicitement brandi la menace d’un veto.
Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré que le projet de résolution ne sera mis au vote qu’avec l’assurance d’avoir une majorité suffisante au sein des 15 pays membres du Conseil de sécurité. « Il nous reste à convaincre l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil, (et) nous nous y employons jour après jour », a-t-il déclaré. Mais ces trois pays ont formulé de sérieuses réserves, motivées par les frappes quotidiennes de l’OTAN sur la Libye déclenchées après l’adoption en mars de la résolution 1973 pour protéger les populations civiles. « L’impasse va probablement continuer. Les pays hostiles à la résolution n’ont pas de raison de changer d’avis demain. Le risque, c’est la paralysie », a souligné Michael Hodin, expert au Council on Foreign Relations, centre de réflexion basé à New York.
L’exemple libyen en a refroidi plus d’un, en particulier l’Afrique du Sud. Le président Jacob Zuma estime que l’OTAN a clairement outrepassé son mandat. Pretoria, comme l’Union africaine, a exigé que plus d’efforts soient faits pour obtenir un cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les rebelles, selon des diplomates.
De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté mercredi Bachar el-Assad à « mettre en œuvre des réformes maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ».
(Source : AFP)

