Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Révolte

La Turquie réclame l’arrêt immédiat des violences en Syrie

L’armée déploie ses chars au Nord-Ouest ; appels à manifester aujourd’hui.

Des habitants de Deir ez-Zor manifestaient hier contre le régime. Photo Reuters

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a réclamé hier l’arrêt immédiat des violences en Syrie et l’adoption de réformes démocratiques, lors de sa rencontre avec un émissaire du président Bachar el-Assad. L’envoyé de Damas, Hassan Tourkmani, avait déjà eu mercredi trois heures d’entretien avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Par ailleurs, la Turquie a décidé de fournir une assistance humanitaire aux milliers de Syriens massés du côté syrien de la frontière entre la Turquie et la Syrie, a déclaré hier M. Davutoglu au lendemain de sa visite dans les camps de réfugiés installés par le Croissant-Rouge turc dans la province de Hatay. La révolte et sa violente répression ont provoqué un afflux de réfugiés vers la Turquie qui accueillait mercredi 8 421 Syriens, répartis dans trois camps installés à Hatay, limitrophe de la Syrie.
Sur la scène internationale, les condamnations se multipliaient. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé hier au régime syrien « d’arrêter de tuer des gens ». « Ce recours scandaleux à la violence pour réprimer la contestation doit prendre fin maintenant », a martelé de son côté le département d’État américain. Les États-Unis accroissent leurs contacts à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie avec des Syriens qui cherchent à obtenir un changement politique dans leur pays, a déclaré en outre une porte-parole du département d’État.
Diverses personnalités européennes, du monde politique et de la culture notamment, ont en outre signé un appel dénonçant la répression exercée par le pouvoir en Syrie et adressé aux États de l’Union européenne (UE) « pour que cesse le massacre en Syrie ». Parmi les premiers à avoir signé cet appel figurent notamment l’ex-Premier ministre Lionel Jospin et le président du Festival du cinéma de Cannes Gilles Jacob.
Par ailleurs, le site d’information Mediapart a publié l’appel de cent écrivains syriens, adressé aux écrivains du monde entier, à « proclamer leur solidarité avec le peuple syrien ». Pour des raisons de sécurité, l’identité des signataires syriens n’a pas été rendue publique. Mais leur appel
(appel.syrie@mediapart.fr) a déjà été signé par des auteurs célèbres, comme l’Américain Paul Auster, l’Espagnol Juan Goytisolo ou la Française Marie N’Diaye.
Pour sa part, Mgr Élias Tabe, archevêque syro-catholique de Damas, a affirmé hier, à l’agence catholique italienne SIR, que la Syrie « subit une attaque incroyable à la fois de l’intérieur et de l’extérieur », exprimant la crainte des chrétiens que le pays tombe dans « les mains du fondamentalisme ».
Sur le terrain, des chars et autres véhicules blindés syriens ont renforcé leurs positions hier aux abords de la ville de Maarat el-Naaman, dans le nord de la Syrie, après la fuite de milliers d’habitants. Un témoin a déclaré mercredi soir à Reuters que « les soldats tirent à l’aveuglette dans les faubourgs de Maarat el-Naaman, pour effrayer la population, ce qui a accru l’exode de réfugiés ». Selon des habitants de Maarat el-Naaman, des milliers de personnes ont pris la direction d’Alep et de la Turquie. Des dizaines de chars et de véhicules de transport de troupes se sont déployés d’autre part autour de Khan Cheikhoun, à 30 km au sud de Maarat el-Naaman, selon des habitants et le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel Rahmane. Les habitants de Khan Cheikhoun « ont commencé à fuir vers la vallée el-Ghab, par l’entrée ouest qui n’est pas bloquée par l’armée », a expliqué M. Abdel Rahmane.
Un militant syrien qui aide les déplacés à la frontière avec la Turquie, côté Syrie, a pour sa part déclaré par téléphone que l’armée avait attaqué les villages de Choughour el-Kadima et de Janudiyeh à quelques kilomètres de la frontière turque, tard mercredi et hier tôt dans la matinée.
D’autre part, à Harasta dans la banlieue de Damas, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles mercredi soir pour disperser un rassemblement de 200 femmes qui réclament la libération de leurs maris et d’autres proches, arrêtés dans le cadre d’une intensification de la répression, a déclaré un témoin. Sur la même lancée, les militants prodémocratie ont appelé à des manifestations aujourd’hui, pour une nouvelle journée de mobilisation qui sera dédiée à Saleh el-Ali, un héros de la révolte contre le mandat français. Et des manifestations nocturnes antirégime continuent d’avoir lieu à travers le pays, notamment dans la périphérie de la capitale, à Deraa, Homs, Alep, Hama, et dans plusieurs villages d’Idleb.
(Sources : rédaction et agences)
Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a réclamé hier l’arrêt immédiat des violences en Syrie et l’adoption de réformes démocratiques, lors de sa rencontre avec un émissaire du président Bachar el-Assad. L’envoyé de Damas, Hassan Tourkmani, avait déjà eu mercredi trois heures d’entretien avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.Par ailleurs, la Turquie a décidé de fournir une assistance humanitaire aux milliers de Syriens massés du côté syrien de la frontière entre la Turquie et la Syrie, a déclaré hier M. Davutoglu au lendemain de sa visite dans les camps de réfugiés installés par le Croissant-Rouge turc dans la province de Hatay. La révolte et sa violente répression ont provoqué un afflux de réfugiés vers la Turquie qui accueillait mercredi 8 421 Syriens, répartis...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut