Dans son communiqué, le rassemblement a énuméré les sept points qui doivent constituer, selon lui, le programme du cabinet Mikati : la consolidation de l’équation « l’armée, le peuple et la résistance » ; la confrontation pour déjouer le « complot du Tribunal international politisé » ; la révision des politiques économiques et sociales des gouvernements successifs ; la défense des droits du Liban en gaz naturel ; la lutte contre la corruption au sein des institutions et la préservation des fonds publics, avec examen des dépenses du ministère des Finances durant les années écoulées ; la fin de « la violation des lois », notamment de la part des services de renseignements des FSI « qui se sont transformés en État dans l’État », avec « jugement des responsables de l’agression contre le ministère des Télécoms » et « arrêt des ingérences dans les affaires de la justice, comme l’arrestation arbitraire des quatre généraux » ; et parachèvement de l’application de l’accord de Taëf au niveau des réformes constitutionnelles.
Le communiqué rend par ailleurs hommage au « sacrifice » consenti par le président de la Chambre, Nabih Berry, et s’en prend au camp du « 14 Février » (le 14 Mars), qui a été « choqué » par la formation du cabinet, dans la mesure où il « profitait de l’état de vacance ministérielle », en « espérant que cette dernière perdurerait » et que les « changements régionaux le ramèneraient au pouvoir ».
Le volet « sacrifice » a par ailleurs été mis en exergue par le député Nawwaf Moussawi, pour qui le comportement de Nabih Berry prouve que la priorité de « la résistance est de protéger la nation » et non de simples enjeux et calculs de pouvoir. Selon lui, le défi principal de ce cabinet est de « tourner la page » et de définir un « autre style », loin du « suivisme, de la dislocation sectaire et de l’ultraunilatéralisme dans la représentation communautaire », sans oublier la lutte contre « l’héritage de la corruption et du suivisme » – sous-tendu après la gestion par le 14 Mars des affaires publiques durant les cinq dernières années. Pour M. Moussawi, il n’est guère étonnant que le cabinet Mikati soit la cible des attaques du 14 Mars, qui voulait un gouvernement monochrome à son bénéfice.
Par ailleurs, a ajouté M. Moussawi, il faut commencer à « mettre fin aux ingérences des ambassadeurs étrangers dans le processus de décision interne » ainsi qu’« à la corruption administrative », pour « empêcher des fonctionnaires, quelle que soit leur importance, de se rebeller contre leurs chefs ». M. Moussawi a enfin estimé qu’il n’y a pas de « volonté vindicative » de la part de la nouvelle majorité, juste une nécessité de « demander des comptes ».
Plus direct, cheikh Nabil Kaouk a estimé qu’à travers le nouveau cabinet, le « bras des États-Unis avait été rompu », que le Liban était « sorti du cycle de la politique de blocage américaine », et que le 14 Mars, le « satellite américain » au Liban, est « sous le choc », parce qu’il a perdu son pari et que l’Amérique est « en déroute ».
Wi’am Wahhab a pour sa part estimé, de Damas, que « le nouveau cabinet ne pourra réussir que s’il ne respecte pas les résolutions internationales et que s’il s’oppose au Tribunal international, lequel est un projet de chaos pour le Liban et que nous ne respecterons pas ».
Quant à l’ancien ministre Georges Corm, à l’issue d’une rencontre avec le député Michel Aoun, il a vanté hier « l’orientation réformatrice » du nouveau cabinet.


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