Les forces gouvernementales avaient repris le contrôle de Zawiyah en mars, mais les rebelles ont affirmé avoir repris samedi une partie de la ville. Mais hier, tard dans la soirée, le porte-parole du régime a affirmé que l’armée avait éliminé les « poches de résistances ».
Toujours à l’Ouest, dans les montagnes berbères, au moins sept rebelles sont morts et 49 blessés dans d’intenses combats visant à desserrer l’étau autour de Zenten, selon un décompte d’un journaliste de l’AFP à l’hôpital de cette ville. Toute la journée, les forces gouvernementales déployées à quelques kilomètres seulement à l’est de la ville ont tiré des roquettes de type Grad et Katioucha, et des missiles antichars Milan. Les rebelles, qui semblent désormais contrôler la zone au nord de Yéfren, ont de leur côté lancé des offensives ces derniers jours pour faire la jonction entre leurs positions, et des accrochages ont eu lieu autour de Yéfren et Qalah. Une voiture de la rébellion, avec à son bord quatre personnes, a notamment été pulvérisée par un missile Milan.
L’insurrection s’est étendue par ailleurs à la ville historique de Ghadames, à quelque 600 km au sud-ouest de Tripoli, selon des sources rebelles. Ghadames, connue sous le nom de « Perle du désert », est l’une des plus anciennes villes de la région présaharienne. Située à la frontière de la Tunisie et de l’Algérie, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986. « Les bataillons de Kadhafi ont pilonné samedi cette ville pour la première fois depuis le déclenchement de la révolution » le 15 février, a indiqué une source rebelle, mais l’AFP n’a pu vérifier ces informations de source indépendante.
Des manifestations antirégime ont même touché vendredi et samedi l’un des fiefs mêmes de la famille Kadhafi, à Sabha, situé à 800 km de Tripoli, selon le Conseil national de transition (CNT, rébellion), précisant que les forces pro-Kadhafi avaient ouvert le feu et tué un manifestant.
Sur le front Est, la rébellion a rapporté des tirs de Grad sur la ligne de front, à 40 km d’Ajdabiya. « Nous n’avons pas de victimes. Dans deux jours, nous serons à Brega », a déclaré l’un des commandants des rebelles pour la zone de Brega, Moussa el-Mograbi. Les rebelles tentent depuis des semaines de reprendre Brega, cité pétrolière située à 80 km à l’ouest d’Ajdabiya, et verrou stratégique sur la route de Syrte et Tripoli.
Dans la région de Misrata, ville portuaire rebelle à 200 km à l’est de Tripoli, les forces pro-Kadhafi ont pilonné à nouveau samedi la zone de Dafniyeh. Vingt personnes avaient été tuées et plus de 80 avaient été blessées dans un violent bombardement vendredi dans le même secteur par les forces du régime, selon des rebelles sur place.
Dans le même temps, l’OTAN continuait ses raids sur Tripoli et ses environs. Hier à l’aube, les bombardements ont visé les zones de Khellet al-Ferjan et la route de l’aéroport au sud de Tripoli, selon l’agence officielle JANA. Au moins quatre explosions ont été par ailleurs entendues dans la matinée depuis le centre de la capitale, survolée constamment par des avions de combat.
Dans ce contexte, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a espéré que M. Kadhafi serait bientôt « arrêté par les siens » après l’éventuelle délivrance d’un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité, dans un entretien publié hier par le journal espagnol El Mundo.
Sur le plan diplomatique, la Turquie avait tenté vendredi une nouvelle médiation, après celle de l’Union africaine et de la Russie, affirmant avoir donné une « garantie » au colonel Kadhafi pour quitter le pays. Coupant court à cette offre, le porte-parole du gouvernement, Moussa Ibrahim, a indiqué hier soir que le régime rejetait toute discussion au sujet d’un départ du colonel Kadhafi.
Enfin, les Émirats arabes unis ont reconnu le CNT comme « l’unique représentant légitime du peuple libyen », a rapporté l’agence officielle WAM.
(Source : AFP)

