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Moyen Orient et Monde - Yémen

Saleh contesté et soutenu, même en son absence

La lutte contre el-Qaëda se poursuit dans le Sud ; des spécialistes du renseignement affirment que l'attentat contre le président était mené de l'intérieur.

Après la prière du vendredi, alors que les pro-Saleh manifestaient leur soutien au président (à gauche), des dizaines de milliers de personnes, conduites par les « jeunes de la révolution », réclamaient un « nouveau Yémen ».  Mohammad Huwais/AFP Ammar Awad/Reuters

Des dizaines de milliers de personnes ont marché hier pour « un nouveau Yémen » débarrassé du président Ali Abdallah Saleh, hospitalisé en Arabie saoudite depuis samedi dernier. Sur le boulevard Sittine, la foule conduite par les « jeunes de la révolution » scandait « le peuple veut un nouveau Yémen » et « le peuple veut un Conseil présidentiel transitoire ». La marche a eu lieu après la prière du vendredi, pendant laquelle le puissant chef dissident des tribus Hached, cheikh Sadek al-Ahmar, s'est incliné devant les dépouilles de 41 de ses partisans morts dans les affrontements avec les forces de l'ordre autour de sa résidence le 3 juin à Sanaa.
À quelques kilomètres de là, les partisans de M. Saleh se sont en outre rassemblés, sur la place Saabine, en brandissant des portraits du chef de l'État et des banderoles proclamant leur allégeance à M. Saleh. « On ne pourra pas parler de transition du pouvoir avant le retour du président », avait affirmé jeudi le vice-ministre de l'Information, Abdou Janadi, en réponse aux revendications des manifestants et de l'opposition.
Alors que pro et anti-Saleh manifestaient, des spécialistes américains du renseignement ont affirmé, en analysant des photographies, que l'attentat contre M. Saleh était une tentative d'assassinat probablement montée de l'intérieur. « En regardant ces images de très près, nous avons pu établir qu'il s'agissait bien d'un engin explosif, et non d'une munition militaire », a déclaré Scott Stewart, vice-président chargé du renseignement tactique chez le cabinet Stratfor. Stratfor a identifié un petit trou dans la maçonnerie, qui pourrait avoir été l'emplacement où la bombe a été déposée. Les experts en déduisent que la bombe a été apportée par une personne connaissant les lieux, et étant au fait des habitudes de M. Saleh. L'aspect des débris laisse enfin penser qu'un explosif de type militaire a été utilisé, peut-être du TNT ou du Semtex. L'ensemble de ces éléments, conclut M. Stewart, « nous indique qu'il s'est probablement agi d'un coup monté de l'intérieur ».
Par ailleurs, dans le sud du pays, trois civils ont été tués dans un raid aérien visant des positions présumées de militants d'el-Qaëda, a indiqué un responsable de l'administration locale, selon qui le raid a visé les environs de Jaar, ville de la province d'Abyane, où la nébuleuse terroriste est bien implantée. Des militants présumés d'el-Qaëda ont pris le contrôle depuis le 29 mai de la ville de Zinjibar, dans la même province, et résistent aux assauts de l'armée. Les combats ont fait depuis des dizaines de morts des deux côtés. « Même si la situation est effrayante et incertaine, en ce qui concerne l'antiterrorisme, nous continuons vraiment nos opérations » contre el-Qaëda dans la péninsule Arabique (AQPA), avait déclaré jeudi le chef de la CIA, Leon Panetta. « Nous continuons de travailler avec des membres du gouvernement pour nous attaquer à AQPA et ils continuent de coopérer avec nous », a-t-il ajouté. Le rythme des raids aériens, menés essentiellement à l'aide de drones, s'est accru ces dernières semaines, a de son côté rapporté jeudi le New York Times, citant des responsables américains sous le couvert de l'anonymat.
Enfin, cinq soldats yéménites et trois de leurs agresseurs ont trouvé la mort hier dans l'attaque d'un point de contrôle du sud du pays imputée à des combattants séparatistes, selon les autorités et des témoins. Le point de contrôle en question se trouve aux abords d'al-Habilaïn, ville de la province méridionale de Lahj où un mouvement armé réclame l'indépendance ou une large autonomie. Aucun accrochage n'avait eu lieu depuis trois mois dans la région, ont ajouté les autorités.
(Source : agences)
Des dizaines de milliers de personnes ont marché hier pour « un nouveau Yémen » débarrassé du président Ali Abdallah Saleh, hospitalisé en Arabie saoudite depuis samedi dernier. Sur le boulevard Sittine, la foule conduite par les « jeunes de la révolution » scandait « le peuple veut un nouveau Yémen » et « le peuple veut un Conseil présidentiel transitoire ». La marche a eu lieu après la prière du vendredi, pendant laquelle le puissant chef dissident des tribus Hached, cheikh Sadek al-Ahmar, s'est incliné devant les dépouilles de 41 de ses partisans morts dans les affrontements avec les forces de l'ordre autour de sa résidence le 3 juin à Sanaa.À quelques kilomètres de là, les partisans de M. Saleh se sont en outre rassemblés, sur la place Saabine, en brandissant des portraits du chef de l'État et des...
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