En face, les jeunes protestataires ont appelé à manifester aujourd'hui à Sanaa pour défendre « les revendications de la révolution ». La première de ces revendications est le départ du président âgé de 69 ans dont 33 passés à la tête de l'État, a rappelé hier le porte-parole des protestataires de Sanaa, Wassim al-Qirchi. Le mandat du président « est terminé, et tout le monde doit œuvrer pour qu'il ne rentre au pays qu'en simple citoyen », a-t-il déclaré. Les protestataires, qui campent depuis fin février près de l'université de Sanaa, « vont maintenir la pression sur le vice-président Abed Rabbo Mansour Hadi par des sit-in et des manifestations jusqu'à ce qu'il accepte la formation d'un conseil présidentiel de transition », a-t-il ajouté.
Dans le sud du Yémen, au moins dix membres d'el-Qaëda et trois militaires ont été tués dans de nouveaux combats autour de Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, fief du réseau extrémiste, a indiqué un officier de l'armée. Le ministère de la Défense a, lui, parlé d'au moins douze membres d'el-Qaëda, dont trois cadres, tués. Toujours selon l'officier, « l'armée a progressé » dans son avancée vers Zinjibar, contrôlée depuis le 29 mai par des extrémistes armés présentés par les autorités comme des membres d'el-Qaëda. D'autre part, des responsables du ministère de la Santé ont averti contre « une catastrophe » sanitaire à Zinjibar en raison « de cadavres en décomposition » qui jonchent les rues de la ville, désertée par les habitants.
Mercredi, le New York Times a rapporté que les États-Unis avaient accentué leurs raids aériens au Yémen ces dernières semaines, à l'aide de drones et d'avions, pour empêcher les partisans d'el-Qaëda dans le sud du pays de s'emparer du pouvoir, en prenant avantage du vide politique actuel. Un responsable américain a confirmé qu'au cours d'une frappe aérienne américaine menée vendredi dernier, Abou Ali al-Harissi, un responsable d'el-Qaëda de rang intermédiaire, avait été tué. En mai, les Américains avaient tenté d'abattre Anouar al-Aoulaki, chef d'el-Qaëda dans la péninsule Arabique.
(Source : agences)

