Des insurgés libyens à Misrata se préparant à lancer une roquette. Entre 2 000 et 3 000 soldats pro-Kadhafi ont attaqué la ville, hier, par le Sud, l’Ouest et l’Est, utilisant des roquettes Grad ainsi que des chars et de l’artillerie lourde. Zohra Bensemra/Reuters
Toujours sur le plan diplomatique, le président sénégalais Abdoulaye Wade est attendu aujourd'hui à Benghazi, fief de la rébellion libyenne. Le Sénégal avait reconnu fin mai le Conseil national de transition (CNT), l'organe politique des rebelles, comme seul représentant légitime de la Libye, comme l'ont fait la France, l'Italie, le Royaume-Uni, le Qatar, la Gambie, la Jordanie, Malte et depuis hier l'Espagne. Cette visite sera la première d'un chef d'État étranger dans le fief de l'opposition. Le coup est d'autant plus dur pour Mouammar Kadhafi qu'il s'agit d'un dirigeant africain, un continent sur lequel il s'est beaucoup appuyé. Mardi déjà, le président mauritanien Mohammad Ould Abdel Aziz, chef de la médiation de l'Union africaine sur la Libye, avait mis à mal l'unité affichée par les pays africains en faveur d'une sortie de crise négociée en estimant que le départ de M. Kadhafi était « une nécessité ».
Mais le dirigeant libyen ne cédait pas : après avoir répété mardi dans un message audio qu'il ne se soumettrait jamais, il a ranimé hier le front à Misrata, enclave rebelle à 200 km à l'est de la capitale, où une nouvelle attaque d'envergure a fait 10 morts et 26 blessés parmi les insurgés. Entre 2 000 et 3 000 soldats pro-Kadhafi ont attaqué la ville en début de journée par le Sud, l'Ouest et l'Est, utilisant des roquettes Grad ainsi que des chars et de l'artillerie lourde. Mais les rebelles les ont empêchés d'entrer dans la ville, a assuré Hassan al-Galai, membre du Comité des médias créé par les rebelles dans cette ville, tout en regrettant qu'aucun avion de l'OTAN ne soit intervenu pour empêcher la progression des pro-Kadhafi. Les attaques sur Misrata avaient cessé le 12 mai, date à laquelle les rebelles avaient réussi à s'emparer de l'aéroport, mettant la majeure partie de cette ville-clé hors de portée des tirs des forces gouvernementales.
Sur un autre plan, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a indiqué que les enquêteurs ont des preuves que M. Kadhafi a ordonné des viols en série et fait distribuer pour cela des stimulants sexuels de type Viagra à ses soldats.
Mardi, l'anniversaire de M. Kadhafi, 69 ans dont plus de 40 à la tête du pays, a coïncidé avec les bombardements les plus violents menés par l'OTAN sur Tripoli, notamment sur le secteur de sa résidence, depuis le début des opérations internationales le 19 mars. Le régime a évoqué 31 morts lors de ces frappes, un bilan non confirmé par l'OTAN. Et lors d'une visite organisée par les autorités, un journaliste de l'AFP a constaté qu'après des semaines de bombardements intensifs, il ne restait presque que des gravats et des ruines fumantes dans le vaste complexe résidentiel.
(Source : AFP)

