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Moyen Orient et Monde - Soulèvement

L’armée syrienne en renfort à Jisr el-Choughour

  • Mystère autour de la « démission » de l'ambassadrice syrienne à Paris
  • La France veut une résolution à l'ONU contre Damas
• Heurts entre Palestiniens pro et anti-Assad à Yarmouk

Une photo tirée de YouTube montre une foule compacte et en colère qui a participé hier à Homs aux funérailles d’un manifestant tué la veille.

Des transports de troupes faisaient route hier vers Jisr el-Choughour, au nord-ouest de la Syrie, faisant craindre une répression encore plus brutale, selon des militants des droits de l'homme. D'après la télévision d'État syrienne, des groupes armés ont sillonné la ville lundi, tirant sur des civils et sur les forces de sécurité et incendiant des bâtiments officiels. Mais cette version est contestée par des activistes et par des habitants de la ville. D'après eux, des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur un cortège funèbre dont les participants portaient en terre six manifestants tués la veille. La ville se serait alors soulevée, et une partie des forces de sécurité et des soldats auraient fait défection, refusant les ordres de leur hiérarchie.
La chaîne de télévision al-Jazira a diffusé quant à elle un appel à la défection lancé par un homme présenté comme lieutenant de l'armée syrienne. Abdoulrazzak Mohammad Tlas, qui dit venir de la ville de Rastan, affirmant s'être engagé dans l'armée « dans le but de protéger le peuple (...) contre l'ennemi israélien ». Mais, ajoute-t-il, « après les crimes dont nous avons été témoins à Deraa et dans toute la Syrie, je ne peux pas rester dans l'armée syrienne ».
Autre signe que le chaos n'en finit pas de s'étendre, des membres d'un groupe palestinien favorable à la Syrie ont abattu lundi onze Palestiniens antisyriens dans le camp de réfugiés de Yarmouk, dans la périphérie de Damas, a-t-on appris hier de sources palestiniennes. Des centaines de réfugiés armés de bâtons et de pierres ont tenté de prendre d'assaut le quartier général du Front populaire pour la libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) dans ce camp.
Par ailleurs, fuyant la répression, au moins 40 Syriens sont entrés en Turquie le week-end dernier et l'un d'eux a succombé à ses blessures par balle, a indiqué une source diplomatique turque, en faisant état au total de « 259 réfugiés syriens en Turquie, dont 35 hospitalisés ». Une source humanitaire a fait état de trois décès parmi les réfugiés syriens depuis le 20 mai. Le gouverneur de Hatay a déclaré pour sa part que des ambulances se tenaient prêtes à la frontière pour parer à d'éventuels nouveaux arrivants blessés.
De leur côté, les Frères musulmans de Syrie ont assuré, hier, que le mouvement de contestation était « pacifique », accusant le régime de chercher un prétexte pour « justifier plus de violences et de meurtres ». Le groupe dénonce d'autre part « le silence de la Ligue arabe et de la communauté internationale face aux crimes et aux massacres contre le peuple syrien pacifique et sans armes ».
Sur un autre plan, deux chaînes de télévision ont diffusé hier des enregistrements de femmes disant être l'ambassadrice de Syrie en France, mais les propos contradictoires qu'elles ont tenus ne permettaient pas pour l'heure de savoir avec certitude s'il y avait imposture sur l'une de ces chaînes ou si la diplomate s'était rétractée par la suite. France 24 a diffusé une déclaration audio de l'ambassadrice en France Lamia Shakkour - ou d'une personne se présentant comme telle - disant en français qu'elle avait démissionné en signe de protestation contre les violences dans son pays. L'ambassade de Syrie en France a confirmé ces propos à Reuters. Mais un peu plus tard, la chaîne al-Arabiya a diffusé un autre enregistrement d'une femme - dont la voix semblait différente - présentée elle aussi comme l'ambassadrice de Syrie en France, et démentant avoir démissionné. Les médias d'État syriens ont également démenti qu'elle ait démissionné, ainsi que l'ambassadeur syrien au Liban.
Face à cette situation chaotique, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé que son pays et d'autres puissances occidentales étaient désormais prêts à risquer un veto de la Russie à l'ONU sur leur projet condamnant la violence en Syrie. Amnesty International a également jugé « impératif que le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a été très silencieux sur ce sujet, vote une condamnation des massacres », l'exhortant à porter l'affaire devant la Cour pénale internationale. Des ONG et des juristes syriens ont d'ailleurs annoncé avoir formellement demandé hier au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de mener une « analyse préliminaire » de la situation en Syrie.
Dans le même temps, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré hier que le président syrien Bachar el-Assad doit « faire des réformes ou partir ». Auparavant, M. Hague avait évoqué le projet de résolution que la Grande-Bretagne s'efforce de déposer au Conseil de sécurité de l'ONU.
De son côté, l'Iran a condamné les « ingérences » des États-Unis et de leurs alliés en Syrie. « La Syrie se tient en première ligne de la résistance (face à Israël). Je suis certain que le peuple et le gouvernement syriens pourront régler leur problème », a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
(Source : agences)
Des transports de troupes faisaient route hier vers Jisr el-Choughour, au nord-ouest de la Syrie, faisant craindre une répression encore plus brutale, selon des militants des droits de l'homme. D'après la télévision d'État syrienne, des groupes armés ont sillonné la ville lundi, tirant sur des civils et sur les forces de sécurité et incendiant des bâtiments officiels. Mais cette version est contestée par des activistes et par des habitants de la ville. D'après eux, des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur un cortège funèbre dont les participants portaient en terre six manifestants tués la veille. La ville se serait alors soulevée, et une partie des forces de sécurité et des soldats auraient fait défection, refusant les ordres de leur hiérarchie.La chaîne de télévision al-Jazira a diffusé quant à elle un appel...
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