Dans un récent rapport, l'AIEA a durci sa position concernant la Syrie en déclarant pour la première fois depuis le début de son enquête, il y a trois ans, que le site d'al-Kibar, situé dans le désert et détruit par l'aviation israélienne en septembre 2007, était « très probablement » un réacteur nucléaire. Cette évaluation a préparé le terrain à l'élaboration d'une résolution par les États-Unis, qui militent depuis des mois pour saisir le Conseil de sécurité des Nations unies sur ce dossier épineux. Washington, soutenu notamment par Londres et Paris, pointe du doigt le non-respect des engagements internationaux de la Syrie. L'Iran avait été épinglé pour la même raison en 2005. La résolution pourrait être discutée demain ou jeudi, selon des sources diplomatiques. M. Amano a refusé d'émettre le moindre avis. « La résolution est une décision qui doit être ou ne pas être prise par les membres du conseil sur la base de leur jugement », a-t-il fait savoir.
Damas a toujours affirmé que le site était une installation non nucléaire, mais n'en a fourni jusqu'à présent aucune preuve, refusant l'accès des inspecteurs de l'agence au site après une unique visite en juin 2008. Sous la menace d'une saisine de l'ONU, le pays s'est in extremis dit prêt à coopérer sur al-Kibar après la réunion du conseil. « Mais exprimer une intention n'est pas suffisant. Nous aimerions voir des résultats concrets », a indiqué M. Amano. Les États-Unis estiment une action du conseil « cruciale » en juin afin de permettre à l'AIEA de préserver sa crédibilité. La Syrie, imitant l'Iran, fait à leurs yeux obstruction systématique à l'enquête de l'AIEA depuis des années. Selon des sources diplomatiques, certains pays, en premier lieu la Russie, souhaitent en revanche offrir à la Syrie une dernière chance de démontrer sa volonté à coopérer pleinement. Se pose aussi la question de l'efficacité d'une telle action qui n'a pas permis dans le passé de sortir de l'impasse iranienne.
(Source : AFP)

