Au cours de ce voyage de trois jours, Mme Merkel devait recevoir de Barack Obama la plus haute distinction civile qu'un président américain puisse accorder, la Médaille de la liberté, un honneur qu'il n'a décerné à aucun autre dirigeant européen actuel.
Mme Merkel et son époux Joachim Sauer, un chimiste qui participe rarement aux activités officielles de la chancelière, seront les hôtes d'un dîner d'Etat à la Maison Blanche.
Mais les médias allemands estimaient que l'abstention de l'Allemagne en mars lors du vote du Conseil de sécurité des Nations unies ouvrant la voix à une intervention en Libye avait laissé des traces.
Dans une interview publiée lundi par le quotidien berlinois Der Tagesspiegel le président Obama a dit souhaiter une aide accrue de l'Allemagne en Libye.
"Je me réjouis de discuter avec la chancelière de la manière dont nous pourrions améliorer notre coopération pour répondre plus efficacement aux changements en cours dans la région, y compris en Libye", a-t-il déclaré.
Selon des informations de presse, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a dit à son homologue allemand Thomas de Maizière, en visite aux Etats-unis en avril, que Berlin avait écorné sa réputation internationale en étant le seul pays de l'Otan et le seul Européen du Conseil de sécurité à s'abstenir à l'ONU.
En outre, Mme Merkel a dit publiquement son désaccord avec M. Obama qui souhaitait un Etat palestinien d'ici un an. Elle a réaffirmé la position allemande contre une déclaration unilatérale de la part des Palestiniens.
Berlin et Washington divergent également sur les questions économiques, Mme Merkel insistant sur la discipline fiscale indispensable, alors que les Etats-Unis croulent sous la dette.
Mme Merkel avait une bonne relation avec le prédécesseur de M. Obama, George W Bush, mais à la chancellerie on écartait d'un revers de main les spéculations sur la froideur des relations entre les deux dirigeants.
"M. Obama aime aller au fond des choses, et Mme Merkel apprécie de pouvoir discuter en profondeur avec lui de sujets comme le changement climatique", indiquait-ton dans son entourage.
Parmi les autres sujets au menu des rencontres à Washington figuraient le choix d'un nouveau directeur général pour le Fond monétaire international, la transition démocratique en Tunisie et en Egypte, ou encore le programme nucléaire iranien controversé.


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