Et de six pour Nadal qui rejoint à 25 ans seulement, dans les annales, Björn Borg dans le livre des records des internationaux de France. Une septième victoire est dans les cordes de l’Espagnol, et peut-être dès l’année prochaine... Si Djokovic ne lui met pas des bâtons dans les roues. Charles Platiau/Reuters
« Ce tournoi est vraiment quelque chose de très spécial et d'exceptionnel pour moi. Un de mes plus beaux rêves qui est devenu réalité, je suis très ému », a-t-il déclaré après s'être écroulé à la balle de match, foudroyé de bonheur, et avant de recevoir le trophée des Mousquetaires des mains de Jim Courier.
C'est, à 25 ans, son dixième titre en grand chelem, à six unités du record de Federer qui a également perdu sa quatrième finale face à Nadal à Paris. Mais jamais le Suisse ne lui avait offert une telle résistance sur ce court où, avec un peu plus de réussite, il aurait peut-être même pu espérer mieux.
Malgré la perte des deux premiers sets et un break de retard dans le troisième, il ne s'est jamais découragé pour revenir dans la partie et bousculer Nadal grâce à une succession de coups de génie.
L'histoire semblait pourtant d'abord bégayer lorsque Federer a baissé la tête après avoir gâché, malgré un début de match irrésistible, une balle de premier set à 5-2 sur laquelle il a sorti d'un millimètre une amortie de revers.
Anéanti par ce raté, le Suisse s'est complètement liquéfié pour perdre sept jeux d'affilée et se retrouver mené deux manches à rien. Nadal s'est encore détaché 4-2 dans le troisième set pour approcher de près sa 17e victoire en 25 rencontres avec son rival, la sixième en huit finales du grand chelem.
Mais, perdu pour perdu, Federer s'est alors lâché en jouant un tennis de rêve, à l'image de celui qui lui avait permis de stopper Novak Djokovic en demi-finale, pour souffler le troisième set et relancer la finale.
Moins brillant mais toujours efficace
Federer s'est ensuite encore procuré d'entrée trois balles de break consécutives dans la quatrième manche. Mais, jamais aussi bon que dos au mur, Nadal a réussi à toutes les sauver pour ravir, trois jeux plus tard, le service de son adversaire et mener, cette fois, son avance à bon port.
Avec ce sixième sacre en seulement sept participations, l'irréductible Majorquin marche donc dans les traces de Borg, le seul joueur de l'histoire qui lui arrive à la cheville sur terre battue mais qui avait eu besoin de huit tentatives dans les années 70 et 80 pour atteindre ce total (de 1974 à 1981).
Nadal y est parvenu à l'âge de 25 ans et deux jours, soit un jour plus tard que Borg, qui reste aussi devant l'Espagnol le plus jeune champion de l'histoire à avoir atteint la barre des dix victoires en grand chelem.
Premier joueur à défendre un titre majeur depuis Federer à l'US Open 2008, Nadal a réussi la passe de six au bout d'un parcours parfois chaotique et globalement moins brillant que par le passé, y compris en finale.
Mais il ne faut pas oublier que, depuis qu'il a été mené deux sets à un au premier tour par l'Américain John Isner, l'Espagnol n'a plus perdu qu'un seul set, face à Federer, témoin de la marge dont il bénéficie sur ses adversaires et de son refus de céder le moindre pouce de terrain.
Federer, dont c'était la première finale du grand chelem depuis sa victoire à l'Open d'Australie en janvier 2010, a aussi réussi un superbe tournoi où il a notamment mis fin à la série de 43 victoires de Djokovic au terme d'une demi-finale d'anthologie, certainement le plus beau match de la quinzaine. Mais face à Nadal, il s'agit pour lui d'une toute autre histoire et elle se finit mal, en général.
(Source : AFP)



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