La police a annoncé hier à Hong Kong l'interpellation de 53 personnes pour rassemblement illégal après une manifestation pacifique de dizaines de milliers de personnes marquant l'écrasement place Tiananmen, le 4 juin 1989, du mouvement démocratique chinois. Ces 53 personnes avaient rejoint un autre rassemblement après la fin de la manifestation silencieuse de samedi et refusaient de se disperser après minuit, selon un communiqué de la police. Elles ont toutes été relâchées hier à midi, a indiqué un porte-parole de la police qui n'a pas souhaité dire si des personnalités politiques faisaient partie des personnes arrêtées. De telles arrestations restent rares à Hong Kong, ancienne colonie britannique rendue à la Chine en 1997, mais qui bénéficie d'un système légal distinct, notamment le droit de manifestation, non reconnu en Chine continentale.
Environ 150 000 personnes, selon les organisateurs, 77 000, selon la police, ont convergé samedi vers l'immense parc Victoria, dans le centre de Hong Kong, pour la seule cérémonie commémorative effectuée sur le sol chinois, 22 ans après l'écrasement du « printemps de Pékin » sur la place Tiananmen. La foule impressionnante était pour la plupart vêtue de noir, en signe de deuil, portait des bougies et entonnait des chants solennels, alors que Pékin est engagé dans une vague de répression sans précédent contre les opposants politiques, dont le célèbre artiste contestataire Ai Weiwei, détenu depuis le 3 avril. Depuis la mi-février et l'éclosin du « printemps arabe », des dizaines de dissidents, avocats ou militants des droits de l'homme chinois ont ainsi été arrêtés ou assignés à résidence. Des associations de défense des droits de l'homme ont tout récemment estimé que l'actuel tour de vis contre la dissidence en Chine rappelait précisément celui qui avait suivi l'écrasement du « printemps de Pékin ». Mais Pékin a rétorqué en assurant que les droits de l'homme n'avaient jamais été aussi respectés en Chine qu'aujourd'hui.
À Pékin même, où les manifestations de Tiananmen restent un sujet tabou, des milliers de touristes, chinois et étrangers, se pressaient sur la place samedi au milieu d'un important service d'ordre. Des centaines, voire des milliers de personnes ont trouvé la mort dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, lorsque le Parti communiste a envoyé les chars de l'armée pour mettre fin à sept semaines de manifestations en faveur de la démocratie au cœur de Pékin, qualifiées par le régime de « révolte contre-révolutionnaire ».
(Source : AFP)
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