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Moyen Orient et Monde - Révolte

Syrie : encore trente morts, et un charnier

Les opposants à Bachar el-Assad étaient toujours traqués hier par les forces de sécurité ; une trentaine de manifestants ont été tués, notamment à Jisr al-Choughour alors qu’un charnier était découvert dans un jardin public de Hama.

Des centaines de personnes participeraient aux funérailles d’opposants en Syrie, selon cette photo tirée de YouTube.

La répression du mouvement de contestation lancé le 15 mars dernier en Syrie ne semble pas s'affaiblir. Les violences se sont poursuivies durant le week-end, des opérations militaires étant notamment menées dans la région de Jisr al-Choughour (Nord-Ouest), selon Rami Abdel-Rahmane, responsable de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. « Trente-huit personnes ont été tuées dans des tirs dans cette région : 10 hier (samedi) et 28 aujourd'hui (dimanche) », a-t-il affirmé. « Des opérations militaires et sécuritaires y sont effectuées depuis samedi », a-t-il précisé. Six agents des forces de sécurité figurent parmi les personnes tuées dans cette région, toujours selon lui. Samedi, un militant sur place avait indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que « les forces de sécurité ont tiré pour disperser plus de 1 000 manifestants sortis pour protester après les funérailles d'un civil tué vendredi ». L'agence officielle SANA avait indiqué auparavant qu' « un membre de l'armée a été tué et un policier blessé dans des heurts » à Jisr al-Choughour.
En outre, des dizaines de personnes ont été blessées samedi soir par les forces de sécurité qui ont ouvert le feu sur une foule de 7 000 opposants cherchant à mettre à bas une statue de Hafez el-Assad à Deir az-Zour, dans l'est du pays. Selon la page Facebook SNN, des tirs se poursuivaient hier soir dans cette localité où plusieurs manifestants ont été blessés. Tard dans la soirée, les forces de sécurité ont tué deux manifestants par balles dans cette ville, à la suite de l'incendie de deux bâtiments du Baas. Ces bâtiments ont été incendiés par des manifestants qui venaient d'assister aux obsèques d'un adolescent de 14 ans tué vendredi lors d'une manifestation en faveur de la démocratie, ont rapporté des habitants.
À Edleb, selon al-Arabiya, plusieurs témoins ont de leur côté affirmé samedi avoir vu des hélicoptères tirer sur des manifestants, affirmant que des dizaines de victimes ont été recensées.
Par ailleurs, à Hama, où 60 personnes ont été tuées vendredi par les forces de sécurité, selon un nouveau bilan communiqué hier par M. Abdel-Rahmane, les habitants ont observé une grève générale en signe de deuil. « Tout est fermé, même les supermarchés. Les forces de sécurité se sont retirées vers les abords de la ville », a indiqué un habitant. Samedi, plus de 100 000 personnes avaient participé aux funérailles des 48 victimes de la répression la veille dans la ville. Toujours selon le site d'al-Arabiya, des militants ont pour leur part indiqué avoir découvert samedi 15 corps dans un jardin public de la ville ; un couvre-feu avait alors été instauré et la ville encerclée par des blindés.
À Damas, hier en fin d'après-midi, plusieurs dizaines de jeunes ont par ailleurs démontré leur soutien au président en défilant sur une place du centre-ville scandant : « Le peuple veut Bachar el-Assad » et « Dieu, la Syrie, Bachar et c'est tout ».
Vendredi, 65 personnes avaient été tuées dans le pays au cours des manifestations, les plus importantes depuis le début de la révolte.
Malgré cette forte répression, dans un semblant d'ouverture de la part du régime, plus de 450 prisonniers politiques et de conscience ont été libérés depuis l'annonce d'une amnistie générale, « pour la plupart des islamistes et des Kurdes », a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Selon des organisations de défense des droits de l'homme, plus de 1 100 civils ont été tués et au moins 10 000 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement. Dans la même lignée, le Premier ministre syrien, Adel Safar, a en outre ordonné la formation d'une commission qui sera chargée d'élaborer une loi sur les partis politiques, selon SANA.
Dans ce contexte, réunis à Bruxelles, des représentants de l'opposition syrienne en Europe ont appelé hier la communauté internationale à accroître la pression sur M. Assad. « Il est très important d'imposer l'isolement diplomatique au régime syrien, et de ne pas lui permettre d'être représenté dans les instances internationales », ont estimé lors d'un point presse les organisateurs de la « Coalition nationale de soutien à la révolution syrienne ». La création par le président syrien d'un organisme chargé de lancer le « dialogue national » a en outre été dénoncée comme « une farce ».
L'UE et les États-Unis notamment ont imposé ces dernières semaines des sanctions visant Bachar el-Assad et ses proches. Le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane, a exhorté pour sa part les autorités syriennes à introduire des réformes pour assurer la stabilité de leur pays.
Enfin, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, s'est dit « profondément préoccupée » par l'interruption pendant 24 heures d'une grande partie du réseau Internet syrien. « Nous condamnons toute tentative visant à priver les Syriens de leur droit à la libre expression, leur droit à se rassembler et leur droit d'association », a écrit Mme Clinton dans un communiqué.
(Source : rédaction et agences)
La répression du mouvement de contestation lancé le 15 mars dernier en Syrie ne semble pas s'affaiblir. Les violences se sont poursuivies durant le week-end, des opérations militaires étant notamment menées dans la région de Jisr al-Choughour (Nord-Ouest), selon Rami Abdel-Rahmane, responsable de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. « Trente-huit personnes ont été tuées dans des tirs dans cette région : 10 hier (samedi) et 28 aujourd'hui (dimanche) », a-t-il affirmé. « Des opérations militaires et sécuritaires y sont effectuées depuis samedi », a-t-il précisé. Six agents des forces de sécurité figurent parmi les personnes tuées dans cette région, toujours selon lui. Samedi, un militant sur place avait indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que « les forces de sécurité ont tiré pour disperser...
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