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Moyen Orient et Monde

Syrie : mobilisation monstre pour les « enfants de la liberté »

• Plus de 100 000 manifestants à travers tout le pays

• Au moins 34 civils tués par les forces de sécurité à Hama

• Ban Ki-moon réclame l’arrêt immédiat de la répression

Des milliers d’opposants syriens ont manifesté hier dans la région de Hauran, selon cette vidéo postée sur YouTube.

Comme chaque vendredi depuis plusieurs semaines, un appel a été lancé à de nouvelles manifestations à travers le pays, malgré la répression. Cette semaine, les militants prodémocratie ont appelé à des rassemblements en hommage aux « enfants de la liberté » tués depuis le début du mouvement de contestation.
Des manifestations ont commencé à Hama, ainsi qu'à Deir ez-Zor, Idlib, Madaya et Zabadani, dès la nuit de jeudi, a déclaré le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel-Rahmane. Il s'agit de la plus importante mobilisation depuis le début du mouvement mi-mars, puisque les manifestants étaient plus de 50 000 à Hama ainsi qu'à Homs, selon M. Abdel-Rahmane. Les services de sécurité ont ouvert le feu à Hama pour disperser cette manifestation, et le bilan s'élève jusque-là à au moins 34 morts et des dizaines de blessés, selon l'Observatoire. La télévision officielle syrienne a pour sa part fait état de la mort à Hama de « trois saboteurs, tués lors de heurts avec la police alors qu'ils attaquaient un bâtiment gouvernemental auquel ils ont mis le feu ». Elle a également rapporté dans la soirée que le calme commençait à y revenir.
Dans le Nord, des dizaines de milliers de personnes venues des environs se sont rassemblées à Maarret el-Nouman, a déclaré un militant sur place. Plus de 5 500 personnes au total ont également manifesté à Qamichli, Amouda et Ras el-Aïn, a affirmé un militant kurde des droits de l'homme, Hassan Berro. Sur la côte ouest, 5 000 personnes ont manifesté à Banias, et dans le Sud, les forces de sécurité ont tiré en l'air pour disperser une manifestation à Jassem, près de Deraa, selon un militant des droits de l'homme. Des milliers de manifestants étaient aussi réunis à Damas et dans des localités proches, d'après le chef de la Ligue syrienne des droits de l'homme, Abdel-Karim Rihaoui.
Alors que les manifestants dénoncent les tirs des forces de sécurité, le régime affirme pour sa part que les auteurs des tirs sont des membres de « groupes armés » qui cherchent à semer le trouble dans le pays. Un quotidien officiel a diffusé hier les aveux de personnes présentées comme des membres d'un « groupe criminel armé » qui ont affirmé avoir « tué des manifestants et des agents de sécurité » dans la ville de Homs.
Dans le même temps, le réseau Internet ne fonctionnait pas hier à Damas ni à Lattaquié, selon des habitants. Le réseau avait déjà été coupé une journée début avril en raison d'une panne provoquée par une surcharge de connexions, selon la compagnie syrienne de télécommunications.
Sur le plan international, la France a indiqué ne pas voir « un début de mise en œuvre » des annonces d'amnistie promises par les autorités syriennes, mais constate au contraire une « aggravation » des violations des droits de l'homme par les autorités, a dénoncé hier le porte-parole du ministère, Bernard Valero. Le président syrien Bachar el-Assad a décrété mardi une amnistie générale, mais la répression s'est poursuivie. « Les habitants de plusieurs villes syriennes, notamment à Rastan, Talbisseh et Deraa, sont, en ce moment, exposés à des situations inhumaines : privation d'eau et de nourriture, d'électricité, d'accès aux services de santé et de soins, arrestations sommaires y compris dans les hôpitaux, meurtres », a dénoncé le porte-parole. Paris « exhorte les autorités syriennes à faire cesser ces violences barbares (...) et à mettre en œuvre des réformes crédibles et un dialogue politique national inclusif. Elle appelle les partenaires de la Syrie à se mobiliser pour dénoncer des actes inacceptables qui doivent cesser », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit quant à lui « alarmé » hier par l'escalade de la violence exercée par le gouvernement syrien face aux manifestants, évoquant un bilan de plus de 1 000 morts depuis le début de la répression. Il s'agit du premier bilan de l'ONU faisant état du nombre de victimes parmi les manifestants en Syrie. Ban Ki-moon est « profondément inquiet des violations continues des droits de l'homme, y compris des informations troublantes concernant la mort d'enfants sous la torture, par balles ou dans des bombardements », selon une porte-parole des Nations unies, Vannina Maestracci. Londres, de son côté, a condamné « l'odieux mépris » du gouvernement syrien pour la vie humaine, tout en dénonçant la répression « brutale et impitoyable de manifestants innocents ».
(Source : agences)
Comme chaque vendredi depuis plusieurs semaines, un appel a été lancé à de nouvelles manifestations à travers le pays, malgré la répression. Cette semaine, les militants prodémocratie ont appelé à des rassemblements en hommage aux « enfants de la liberté » tués depuis le début du mouvement de contestation.Des manifestations ont commencé à Hama, ainsi qu'à Deir ez-Zor, Idlib, Madaya et Zabadani, dès la nuit de jeudi, a déclaré le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel-Rahmane. Il s'agit de la plus importante mobilisation depuis le début du mouvement mi-mars, puisque les manifestants étaient plus de 50 000 à Hama ainsi qu'à Homs, selon M. Abdel-Rahmane. Les services de sécurité ont ouvert le feu à Hama pour disperser cette manifestation, et le bilan s'élève jusque-là à au moins 34...
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