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Moyen Orient et Monde - Soudan

Pas de guerre pour Abyei, mais Khartoum reste belliqueux

Quand les troupes nordistes ont envahi la ville disputée d'Abyei à la mi-mai, le spectre d'une guerre civile a ressurgi au Soudan. Cette perspective s'est éloignée, mais les analystes mettent en garde contre l'attitude belliqueuse de Khartoum d'ici à l'indépendance du Sud en juillet.
Malgré les pressions exercées par la communauté internationale et les critiques de Washington, le gouvernement soudanais maintient une attitude de défi, qui risque de provoquer l'impasse lors de la sécession du Sud le 9 juillet.
Le 21 mai, l'armée nordiste a pris le contrôle de la région d'Abyei, à la lisière du Nord et du Sud, et s'est déployée jusqu'à plusieurs kilomètres plus au sud, jusqu'à la rivière Bahr el-Arab, appelé Kiir dans le Sud, faisant craindre une nouvelle guerre civile entre le Nord arabo-musulman et le Sud afro-chrétien.
Pour Roger Middleton, expert soudanais auprès de l'institut britannique Chatham House, « il s'agit (pour Khartoum) d'afficher une ligne dure vis-à-vis du Sud et de tenter de s'assurer que, dès le début de ces nouvelles relations, c'est le Soudan qui sera le partenaire le plus puissant ».
Les Sud-Soudanais ont voté à une écrasante majorité, lors d'un référendum en janvier, en faveur de la séparation de leurs anciens ennemis nordistes de la guerre civile (1983 à 2005). Le Soudan perd ainsi une région qui recèle environ 75 % des revenus pétroliers. Un référendum devait permettre en même temps à Abyei de choisir son rattachement au Nord ou au Sud, mais il a été reporté sine die.
La plupart des Sudistes sont aujourd'hui furieux contre la prise du contrôle de la ville d'Abyei par les troupes de Khartoum.
Selon l'ONU, environ 60 000 personnes ont fui la région vers le Sud-Soudan. Mais le président du gouvernement semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, a exclu « un retour à la guerre civile ». Les experts craignent néanmoins que les tensions entre les deux parties engendrées par le conflit sur Abyei n'explosent sur d'autres fronts. « Il y a un risque réel que le Nord aille simplement occuper toutes les zones frontalières contestées - et éventuellement les champs de pétrole du Sud-Soudan - et refuse de se retirer sauf s'il est repoussé par la force », écrivait récemment dans le New York Times Douglas Johnson, expert sur le Soudan. Les violences liées aux champs pétroliers proches de la frontière constituent également une source d'inquiétude.
L'ancien général de l'armée sudiste devenu rebelle, Peter Gadet, a déclenché une rébellion en avril dernier dans l'État frontalier de l'Unité. Les responsables sudistes ont accusé Khartoum d'avoir encouragé Peter Gadet à occuper les champs de pétrole - des accusations immédiatement rejetées par le Nord. « L'utilisation des milices basées dans les champs pétroliers du Sud est une manière pour Khartoum de réaffirmer qu'il contrôle la situation, de démontrer la vulnérabilité du Sud et sa dépendance au pétrole dans ses ressources », a précisé Leben Nelson Moro, qui dirige le Centre pour les études sur la paix et le développement à l'université de Juba. « C'est leur manière de dire : "Prenez conscience de ce que nous sommes capables de faire et combien vous autres dans le Sud êtes vulnérables si vous ne faites pas exactement ce que nous voulons". »

(Source : AFP)
Quand les troupes nordistes ont envahi la ville disputée d'Abyei à la mi-mai, le spectre d'une guerre civile a ressurgi au Soudan. Cette perspective s'est éloignée, mais les analystes mettent en garde contre l'attitude belliqueuse de Khartoum d'ici à l'indépendance du Sud en juillet.Malgré les pressions exercées par la communauté internationale et les critiques de Washington, le gouvernement soudanais maintient une attitude de défi, qui risque de provoquer l'impasse lors de la sécession du Sud le 9 juillet.Le 21 mai, l'armée nordiste a pris le contrôle de la région d'Abyei, à la lisière du Nord et du Sud, et s'est déployée jusqu'à plusieurs kilomètres plus au sud, jusqu'à la rivière Bahr el-Arab, appelé Kiir dans le Sud, faisant craindre une nouvelle guerre civile entre le Nord arabo-musulman et le Sud...
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