La consommation de légumes est en berne en Europe, et l’embargo décrété hier par la Russie sur les légumes en provenance de tous les pays de l’Union européenne n’a rien arrangé. Natalia Kolesnikova/AFP
L'Allemagne a annoncé un nouveau décès, une femme de 81 ans qui a succombé dans un hôpital de Hambourg. Le bilan passe ainsi à 17 morts dans le pays, et 18 au total avec celui annoncé en Suède mardi. La Grande-Bretagne a à son tour signalé des cas d'infection à la bactérie E.coli (Eceh), tous liés à l'Allemagne.
La consommation de légumes était toujours en berne en Europe mais, depuis que les concombres espagnols ont été innocentés mardi soir, le vecteur de transmission est inconnu. La Commission européenne a levé mercredi soir la mise en garde qui pesait sur les légumes espagnols, notamment le concombre, désigné coupable la semaine dernière par les autorités sanitaires de Hambourg comme l'épicentre de la contamination. Les dommages sont déjà considérables pour l'agriculture espagnole, qui a vu ses exportations s'effondrer. Le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a réclamé hier à l'Union européenne des « dédommagements pour les préjudices provoqués ». La veille, son ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcabasa avait évoqué une possible plainte contre les autorités de Hambourg. Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Portugal réclament aussi des aides pour leur agriculture. Le président de la Fédération allemande des agriculteurs, Gerd Sonnleitner, a parlé d'un manque à gagner hebdomadaire de 30 millions d'euros en Allemagne. L'embargo décrété hier par la Russie sur les légumes en provenance de tous les pays de l'Union européenne n'a rien arrangé. La Commission européenne juge « disproportionnée » la réaction russe et a appelé le pays, qui importe pour environ 600 millions d'euros de légumes européens par an, à revenir sur sa décision.
Le temps presse pour trouver le vecteur de la contamination. Les chercheurs allemands, qui planchent depuis des jours sur des centaines d'échantillons, sont face à une tâche gigantesque. Ce ne sera « pas facile », a déclaré mercredi le commissaire européen à la Santé, John Dalli, ajoutant : « Il faut demander aux gens ce qu'ils ont mangé. » L'incubation est d'une dizaine de jours avant que la maladie ne se déclare, précisent les experts de la Commission. Les crudités, consommées en grande quantité en cette saison, les fruits, mais aussi la viande sont dans la ligne de mire des scientifiques. Les recherches se poursuivent avec de nouveaux outils. L'Institut fédéral allemand pour l'évaluation des risques (BFR) a mis au point un nouveau test, en coopération avec des chercheurs français de l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses), pour détecter la bactérie dans les aliments.
La maladie se manifeste par des hémorragies du système digestif et, dans les cas les plus graves, par des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU). L'Allemagne déplorait hier plus de 2 000 cas, dont 500 qui se manifestaient par un SHU.
(Source : AFP)


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