Le Français Jean Todt, président de la FIA, et le Britannique Bernie Ecclestone, grand argentier de la discipline, devront satisfaire les dirigeants du royaume, qui finance largement la compétition, ou bien se ranger à l'avis des écuries de F1 et des défenseurs des droits de l'homme, hostiles pour des raisons différentes à la réintégration du GP dans le calendrier.
Bahreïn a levé mercredi la loi martiale décrétée pour mater le soulèvement de la majorité chiite du royaume qui a éclaté en février, espérant envoyer un signal positif aux touristes, aux investisseurs et aux autorités sportives.
Le petit royaume insulaire espère ainsi récupérer son Grand Prix, qui aurait dû ouvrir la saison de formule un le 13 mars, mais avait été suspendu au début des troubles, dans la foulée des révolutions tunisienne et égyptienne.
Avant la réunion des responsables de la FIA à Barcelone, l'ONG Human Rights Watch les a invités mercredi à tenir compte dans leur prise de décision de la répression qui s'est abattue sur l'opposition bahreïnie.
Bernie Ecclestone se déclare favorable à la tenue du Grand Prix, que les organisateurs se disent prêts à accueillir dès maintenant.
Pas regardants
Ecclestone est avec Todt l'un des 26 membres du Conseil mondial du sport automobile (CMSA), l'organisme de la FIA chargé du dossier. Y siège également le Bahreïni cheikh Abdulla bin Isa al-Khalifa, président de la commission karting de la FIA.
Les dirigeants du sport automobile n'ont jamais été trop regardants sur la nature du régime politique du pays hôte.
Ecclestone, qui s'est fait à l'idée de perdre les quelque 40 millions de dollars de droits d'organisation qu'aurait rapporté Bahreïn, a toujours dit que la formule un ne s'occupait ni de religion ni de politique.
« On ne se détermine pas sur ce genre de choses », a-t-il expliqué. De plus, les Khalifa, la famille royale bahreïnie, est l'un des principaux soutiens de la formule un. Ses dirigeants veulent donc à tout prix éviter de lui infliger un camouflet.
Le plus gros obstacle à une reprogrammation réside dans le calendrier. La F1 compte cette année, avec Bahreïn, un nombre record de 20 Grands Prix, et les dates sont de plus en serrées.
Pour satisfaire Bahreïn, il a été envisagé de prolonger la saison et de déplacer le GP d'Inde du 30 octobre au 11 décembre, Bahreïn prenant sa place dans le programme.
« Trop, c'est trop », s'insurge le directeur de l'écurie Mercedes, Ross Brawn. « Nos gars sont sur la brèche depuis janvier, et on leur demanderait de travailler jusqu'en décembre ? Cela voudrait dire qu'il n'y aurait pratiquement pas de vacances avant Noël et qu'on reprendrait immédiatement le collier en janvier. C'est totalement inacceptable. »
D'autres équipes comme Ferrari et surtout McLaren, qui a pour principal actionnaire le groupe bahreïni Mumtalakat, sont disposés à discuter, mais ont des objections sur les dates. Que décidera la FIA aujourd'hui ? « J'ai peur qu'ils n'essaient de le reprogrammer. Mais comme nous sommes à mi-saison, le Conseil mondial du sport automobile va rejeter cette demande en arguant du fait qu'il est trop tard pour modifier le calendrier », prédit un habitué des paddocks.
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