En ce jour de levée de l'état d'urgence, de petits groupes de Bahreïnis ont tenté de manifester dans des villages chiites autour de Manama, mais ont été à chaque fois pourchassés par la police. « Les gens tentent de se rassembler, mais (ils) les policiers sont en train de les attaquer », a déclaré une activiste jointe par téléphone et qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, en mentionnant des tentatives de rassemblement dans des villages comme Diraz, Bani Jamra et Karzakan. Selon elle, les policiers ont tiré des bombes lacrymogènes. Une vidéo postée sur YouTube, sous le titre « La police antiémeute attaque des manifestants pacifiques à Bani Jamra », montre un petit groupe de jeunes chantant « Pacifique, pacifique » ; la police tire ensuite dans leur direction ce qui semble être des bombes lacrymogènes. L'authenticité de cette vidéo n'a pu être vérifiée. Un autre activiste a indiqué que la police s'était déployée en force à Bani Jamra pour empêcher une manifestation. Des grenades lacrymogènes ont été tirées pour dissuader ceux qui tentaient de s'aventurer dans le centre du village. Un hélicoptère survolait le secteur. Selon lui, une trentaine de femmes, rassemblées devant sa maison, ont été battues par les policiers qui ont tiré des bombes lacrymogènes.
Les militants projettent de manifester demain sur la place de la Perle, épicentre de la contestation, que les autorités ont rasée en réprimant la contestation. Le Premier ministre, Khalifa ben Salmane al-Khalifa, a averti mardi que son gouvernement « agirait avec fermeté contre toute tentative de nous ramener » à la situation qui a prévalu en février et mars. Dans un communiqué, Amnesty International a mis en garde contre un recours « excessif » à la force contre les protestataires. « Avec la levée de l'état d'urgence, les autorités doivent permettre aux gens d'exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression et de rassemblement », a écrit le directeur d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Malcolm Smart.
La situation demeure tendue à Bahreïn, pays à majorité chiite et dirigé par une dynastie sunnite, depuis la répression des protestations populaires réclamant des réformes et animées par des chiites. Un responsable militaire a indiqué que la force régionale du Golfe, Bouclier de la péninsule, essentiellement composée de Saoudiens, déployée à la mi-mars à Bahreïn pour aider ce pays à contenir la contestation, sera maintenue malgré la levée de l'état d'urgence.
(Source : agences)

